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Prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement

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Guide pour les collectivités rurales et celles du Nord Ministère du logement

Avril 2017


Présenté au :

Secrétariat de l’aide aux sans-abri du Ministère du Logement
Gouvernement de l’Ontario

Preparé par :

  • Carol Kauppi, Ph.D.
  • Carol Kauppi and Associates

Remerciements

Ce guide a été préparé et élaboré par Carol Kauppi and Associates, avec des contributions du personnel du ministère du Logement de l’Ontario.

Table des matières

Liste des encadrés.

  1. Au sujet de ce guide.
  2. Introduction et aperçu.
  3. Planifier une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée.
  4. Exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée.
  5. La saisie et l’assurance de la qualité des données après achèvement de l’enquête
  6. Bibliographie et ressources variées.

Liste des encadrés

1. Au sujet de ce guide

La prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement résulte de l’utilisation d’une méthode particulière pour recenser ces dernières. Ce guide donne un aperçu de la méthode d’établissement de cette prévalence et fournit des explications quant à la manière de la mettre en œuvre.

Le présent document prend appui sur les leçons tirées de l’utilisation, à 15 reprises, de la méthode qu’il décrit pour établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, et ce, dans une région métropolitaine de recensement (autrement dit, une ville comptant plus de 100 000 habitants), deux villes moyennes (d’environ 50 000 habitants) et 3 petites villes du Nord de l’Ontario (ayant entre 2 000 et 5 000 habitants). Les collectivités où cette prévalence a été établie incluent une ville majoritairement francophone (Hearst), une communauté autochtone (Moosonee) et des collectivités dont la population est diversifiée (Sudbury, Timmins, North Bay et Cochrane).

Cette utilisation répétée de la méthode permettant d’établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement a confirmé que celle-ci peut très bien s’appliquer dans tout un éventail de collectivités ontariennes. Ce guide commence par présenter la méthode de recensement normalisée utilisée pour établir cette prévalence au cours d’une période donnée, puis explique en quoi elle diffère des autres, et notamment du dénombrement ponctuel. Les intervenants communautaires qui prévoient établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement sont invités à lire ce guide pour s’assurer de bien planifier et exécuter leurs activités de recensement suivant des normes de qualité.

2. Introduction et aperçu

Une importance accrue est accordée de nos jours à l’étude et à la mesure de l’itinérance en Ontario et au Canada, ce qui s’explique en partie par une plus grande prise de conscience que l’itinérance existe bel et bien dans quantité de collectivités où elle n’était auparavant soit pas vue, soit pas reconnue. Dans son rapport, À chacun son chez-soi,[1] le Comité consultatif d’experts pour la prévention de l’itinérance (le Comité) rappelle que « au cours des dernières décennies, le problème de l’itinérance s’est aggravé au Canada. » (2015, p. 7). Les personnes sans logement vivent leur itinérance comme une grave forme de privation invariablement liée à un vaste éventail de facteurs indépendants de leur volonté, entre autres le chômage ou la précarité d’emploi ou encore des difficultés financières et l’impossibilité de trouver un logement abordable. L’itinérance a par ailleurs une incidence variable sur les personnes qui la vivent selon leur race, sexe, orientation sexuelle, âge ou langue, leurs capacités, leur situation socioéconomique, leur éventuel statut d’immigrant ou leur identité autochtone, le cas échéant, ou encore des problèmes de santé mentale et de dépendance, sans oublier l’endroit où elle survient. En apprendre davantage sur la prévalence de l’itinérance et ses manifestations concrètes peut galvaniser les énergies des intervenants communautaires désireux de trouver de meilleures solutions pour y remédier.

Les études sur l’itinérance menées au moyen de recensements communautaires dégagent d’importants renseignements concernant le nombre et les caractéristiques des personnes sans logement à l’échelle locale. Au Canada, nous avons souvent recours à des dénombrements ponctuels pour nous faire une idée de l’ampleur de l’itinérance. Établir la prévalence de l’itinérance au cours d’une période donnée est une autre façon de recenser les personnes sans logement. Exécutée avec soin, une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut être une source de renseignements exhaustifs et fiables sur l’ampleur de l’itinérance au sein des collectivités et les formes qu’elle y prend. Les enquêtes sur la prévalence au cours d’une période donnée sont particulièrement précieuses dans les collectivités qui ne disposent que de peu de refuges ou de services pour les personnes sans abri (p. ex., les petites collectivités, les collectivités rurales et celles du Nord). Elles peuvent toutefois aussi s’avérer utiles dans les collectivités de plus grande envergure dotées de réseaux complets de services, vu que leur composante fondée sur l’accès aux services peut servir à compléter les résultats obtenus par d’autres méthodes de recensement. Les lignes directrices pour le recensement tiennent compte de la possibilité de combiner plusieurs méthodes aux fins d’un même recensement au sein d’une collectivité.

Le guide que voici est divisé en cinq sections qui incluent une introduction et un aperçu de la méthode utilisée pour établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, de même qu’une description des activités et des outils associés aux trois principales étapes d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement : sa planification, son exécution et son suivi.

2.1 Raison d’être et objectifs d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

La prévalence au cours d’une période donnée fournit une estimation du nombre de personnes sans logement durant un certain laps de temps, par exemple sept jours. La méthode permettant d’établir cette prévalence consiste à dénombrer ces personnes et à recueillir des renseignements à leur égard par l’entremise d’une enquête. L’un de ses objectifs généraux est d’obtenir des renseignements susceptibles d’aider les collectivités à élaborer des stratégies et solutions pour mettre fin à l’itinérance. Procéder à un dénombrement ou recensement des personnes se trouvant sans logement permet aussi aux collectivités de suivre l’évolution de l’itinérance, pourvu que la même méthode de collecte de données soit utilisée à chaque fois dans le cadre de l’enquête menée pour établir la prévalence de ces personnes au cours d’une période donnée. L’emploi répété de la même méthode renforce le savoir-faire nécessaire à l’obtention de données de qualité sur lesquelles les collectivités peuvent s’appuyer pour relever et suivre des tendances.

2.2 Description

Qu’est-ce qu’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée (voir l’encadré 1 : Qu’est-ce qu’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée?) et qu’est-ce qui la distingue des autres méthodes utilisées pour dénombrer ou recenser les personnes sans logement?

L’une des différences majeures entre un dénombrement ponctuel et une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée est que cette dernière a lieu sur un laps de temps plus long qu’un dénombrement ponctuel typique, d’où l’inévitable emploi de méthodes distinctes. D’autres domaines tels que la médecine ont l’habitude de faire la distinction entre une prévalence ponctuelle et périodique.[2] La prévalence ponctuelle a rapport à un court moment, pouvant varier entre quelques heures et une journée tout au plus. Un dénombrement ponctuel fournit une prévalence ponctuelle, ou en quelque sorte un instantané d’une situation. Un tel dénombrement se déroule en général sur 24 heures, mais certains sont plus courts encore, parfois d’à peine six heures. La trousse d’outils sur les dénombrements ponctuels créée et distribuée par l’Observatoire canadien sur l’itinérance et la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance du Canada prévoit que les dénombrements des personnes sans logement qui n’utilisent pas les refuges se déroulent sur 24 heures.

Certaines collectivités organisent une « semaine d’enregistrement » durant laquelle elles remplissent un questionnaire avec les renseignements que leur fournissent les personnes sans logement qui acceptent de participer à cette forme d’enquête.[3] La méthode dite de la semaine d’enregistrement prévoit le dénombrement coordonné des personnes en situation d’itinérance et la prise de renseignements auprès de celles-ci, afin de recueillir des données qui pourront servir à loger les personnes sans logement, à commencer par les plus vulnérables d’entre elles.

Encadré 1 : Qu’est-ce qu’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée?

  • La prévalence au cours d’une période donnée est une méthode de recensement prévoyant un dénombrement sur une période plus longue que d’autres (p. ex., sept jours consécutifs).
  • Cette méthode permet de dénombrer les personnes sans abri qui n’utilisent pas les refuges, celles qui les utilisent et celles qui utilisent une variété d’autres services communautaires, y compris les programmes de repas communautaires et les banques d’alimentation.
  • Vu sa portée plus générale, elle se prête par ailleurs mieux que d’autres au dénombrement des personnes sans abri cachées. Il est possible de compléter ses enquêtes dans les refuges, les lieux de prestation de services et la rue par des enquêtes de quartier faites de porte à porte, si l’on veut obtenir le dénombrement le plus exhaustif possible des personnes sans abri cachées.

Un atout clé d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée est qu’elle peut résulter en une collecte de données plus exhaustives que les autres méthodes de recensement des personnes sans logement. Elle aboutit à une estimation de la prévalence sur un certain laps de temps, par exemple sept jours ou plus, et permet ainsi de se faire une assez bonne idée de l’ampleur de l’itinérance et des formes qu’elle prend au sein d’une collectivité. Une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut aboutir à un ensemble de données plus complet, vu que son recensement plus long, effectué dans des lieux très variés, se prête mieux à la prise en compte des personnes qui auront pu être omises lors d’un dénombrement ponctuel sur 24 heures. Il se peut par ailleurs que les membres de certains sous-groupes plus susceptibles que d’autres de se trouver en situation d’itinérance cachée, tels que les femmes, les personnes LGBTBA, autochtones, immigrantes ou racialisées, aient moins de possibilités de participer aux dénombrements ponctuels d’une durée plus courte.

Les renseignements qu’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée permet de recueillir sur plusieurs jours concernant le nombre et les caractéristiques des personnes sans logement aident la collectivité à en apprendre davantage sur l’ampleur de l’itinérance qu’un simple dénombrement ponctuel sur 24 heures. C’est pour cela que les lignes directrices américaines pour le recensement des personnes sans logement disent de se préparer à y consacrer sept jours au sein de certaines communautés. Dans le Nord-Est de l’Ontario, il est déjà arrivé que des enquêtes sur la prévalence au cours d’une période donnée aient duré plus de sept jours, parfois même plusieurs semaines, quand elles ont été menées en allant de porte à porte.

Le risque que présente un recensement sur une période plus longue est que les personnes qui utilisent divers types de services communautaires durant ce temps soient prises en compte plus d’une fois. Pour garantir que chaque personne ne soit recensée qu’une seule fois (c’est-à-dire pour limiter les dédoublements ou pouvoir procéder, au besoin, à une « déduplication »), la collecte de renseignements additionnels s’impose. Ces renseignements sont combinés de manière à créer un identifiant unique pour toute personne qui participe à l’enquête. Un identifiant combinant par exemple les initiales, la date de naissance et le sexe ou l’identité de genre auto-déclarée permet de repérer les dédoublements à la fin d’une enquête et de les retirer de la base de données (nous reviendrons sur ce point un peu plus loin).

Au Canada comme aux États-Unis, il arrive qu’un recensement des personnes sans logement prenne la forme d’un dénombrement des personnes qui utilisent les refuges, y compris les refuges d’urgence, les logements de transition et les refuges pour victimes de violence familiale. Il est recommandé de coordonner ce type de dénombrement avec d’autres méthodes de recensement afin de pouvoir tenir compte des personnes se trouvant sans logement qui ne prennent jamais abri dans un refuge.

2.3 Quand choisir la méthode de la prévalence au cours d’une période donnée

Pour quelles raisons une collectivité devrait-elle utiliser la méthode de la prévalence au cours d’une période donnée?

En général, cette méthode, consistant à faire une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, permet de recueillir plus de renseignements sur ces dernières, en particulier dans les petites collectivités, les collectivités rurales et celles du Nord, dans lesquelles l’itinérance est moins visible. L’itinérance cachée est problématique quelle que soit la méthode retenue pour un recensement ou la collectivité dans laquelle il se déroule. Il est connu que les résultats de dénombrements sommaires effectués là où peu de services sous-estiment l’ampleur de l’itinérance cachée. Dans son rapport, À chacun son chez-soi, le Comité a souligné la portée et la nature de l’itinérance cachée dans les petites collectivités et les collectivités rurales :

D’autres encore font partie des itinérants cachés, (…) dont on estime qu’ils composent 80 % des personnes qui n’ont pas de chez-soi. Elles comprennent les personnes logées provisoirement, par exemple les familles qui vont d’un logement souvent surpeuplé à un autre dans des circonstances instables pour éviter de se retrouver à la rue; des femmes et des enfants victimes de violence familiale qui vivent dans la peur; des gens qui passent la nuit dans des immeubles abandonnés et des espaces surpeuplés (dormant souvent par quarts); et des familles qui vivent dans un logement temporaire à la suite d’une évacuation. (À chacun son chez-soi, p. 7).

Une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement peut être un bon moyen d’inclure celles qui sont en situation d’itinérance cachée, à condition qu’elle soit effectuée sur une période d’une semaine ou plus, auprès de la clientèle d’une variété de services et de lieux de prestation de services comme à d’autres endroits connus pour être fréquentés par des personnes sans abri et qu’elle englobe, si possible, une enquête faite de porte à porte.

Une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement laisse le temps au bouche-à-oreille de faire son effet et fournit plus de possibilités de participation aux personnes qu’elle cherche à recenser qu’un dénombrement ponctuel, vu qu’elle se déroule sur un laps de temps plus long et dans un plus vaste éventail d’endroits. Par ailleurs, la composante fondée sur l’accès aux services d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée (c.-à-d., le fait qu’elle recense les gens par l’entremise des services qu’ils utilisent) peut être combinée avec d’autres méthodes, telles qu’un dénombrement ponctuel, afin d’arriver à une couverture plus complète de la population visée et d’obtenir un recensement plus exhaustif.

2.4 Définition de « personnes sans logement »

Au moment de décider quelle méthode de recensement utiliser, il convient de réfléchir aux personnes qu’il est question de dénombrer et au fait qu’il peut être difficile de définir ce qui constitue de l’itinérance. Il n’est pas rare que des personnes dont la situation correspond tout à fait à une définition de l’itinérance ne considèrent pas, elles-mêmes, être sans logement. À titre d’exemple, lors d’enquêtes antérieures sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans le Nord de l’Ontario, bon nombre de répondants ont affirmé avoir un chez-soi – même s’il ne s’agissait que d’un coin où se mettre à l’abri pour dormir, la nuit, dans un dépôt de rails. La méthode de la prévalence au cours d’une période donnée reprend les définitions de l’itinérance qui ont été retenues dans différentes publications sur le sujet. Ces définitions sont basées sur des conditions de vie, plutôt que sur la question de savoir si une personne se dit elle-même être sans logement ou non.

2.4.1 Conditions de vie qui constituent des formes d’itinérance

Le rapport du Comité consultatif d’experts pour la prévention de l’itinérance donne une définition de l’itinérance qui englobe quatre grands groupes, à savoir : 1) les personnes sans abri (ou « absolument sans abri », autrement dit, en situation d’itinérance absolue, n’utilisant pas les refuges), 2) les personnes utilisant les refuges d’urgence, 3) les personnes logées provisoirement et 4) les personnes à risque d’itinérance.

Ce rapport considère par ailleurs que les personnes logées provisoirement sont « celles qui vont d’un lit de fortune chez de la parenté ou des amis à un autre dans des circonstances instables pour éviter de se retrouver à la rue, les victimes de violence familiale et leurs enfants qui vivent dans la peur, celles qui passent la nuit dans des immeubles abandonnés et des espaces surpeuplés (dormant souvent par quarts) et celles qui vivent dans un logement temporaire à la suite d’une évacuation » (À chacun son chez-soi, p. 7). On y lit aussi que bon nombre de personnes courent un risque d’itinérance « en raison de différents facteurs : difficultés financières, emploi précaire, obstacles les empêchant de tirer profit d’occasions qui se présentent, manque de logements abordables » (ibid, p. 8).

Une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement peut facilement être conçue de manière à recenser les membres de ces quatre groupes. Il importe de reconnaître la nécessité de fournir des efforts additionnels pour recenser les personnes à risque d’itinérance et celles dont l’itinérance est cachée.

2.4.2 Conditions de vie qui constituent une itinérance cachée

Comme nous savons désormais qu’une vaste proportion des personnes sans logement sont « invisibles » aux yeux des fournisseurs de services et du grand public, toute définition de l’itinérance devrait inclure l’itinérance cachée. Ceci est d’autant plus important pour les petites collectivités, les collectivités rurales et les collectivités du Nord. L’itinérance cachée peut prendre des formes variées, notamment 1) un hébergement chez de la famille ou des amis; 2) un hébergement obtenu en contrepartie d’un service domestique, de faveurs sexuelles ou autres; 3) un logement insalubre; 4) un logement temporaire; 5) un logement occupé de façon illégale; 6) un placement en établissement sans logement à la sortie et 7) un hébergement en plein air, que ce soit dans une forêt, un camp ou ailleurs.

2.4.3 Personnes sans abri de façon chronique et épisodique

Le rapport À chacun son chez-soi recommande l’adoption des définitions de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) [4] concernant les personnes sans abri de façon chronique et les personnes sans abri de façon épisodique. Selon la SPLI :

« On désigne par personnes sans abri de façon chronique les personnes qui, souvent atteintes d’affections incapacitantes (p. ex. des maladies physiques ou mentales chroniques, des problèmes de toxicomanie), sont actuellement sans abri et l’ont été pendant six mois ou plus au cours de la dernière année (c.-à-d. qui ont passé plus de 180 nuits dans un refuge ou dans un endroit impropre à l'habitation). »

« On désigne par personnes sans abri de façon épisodique les personnes qui, souvent atteintes d’affections incapacitantes, sont actuellement sans abri et ont vécu au moins trois épisodes d’itinérance au cours de la dernière année (il convient de noter que les épisodes sont des périodes pendant lesquelles une personne vit dans un refuge ou un endroit impropre à l’habitation pendant un certain temps, puis retourne dans le refuge ou un autre endroit après au moins 30 jours). »

2.5 Résumé des normes préconisées concernant la prévalence au cours d’une période donnée

L’instauration d’une série de normes fondamentales pour l’établissement de la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement au sein d’une collectivité vise à assurer la fiabilité des données utilisées à cette fin, compte tenu des limitations pratiques des enquêtes menées pour les recueillir. Aussi difficile que l’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, elle est tout à fait faisable à condition d’être bien planifiée.

Les normes clés à respecter lors de tout recensement à l’aide d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée sont les suivantes :

  • Constituer un comité chargé de coordonner l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée au sein de la collectivité.
  • Obtenir la collaboration de partenaires communautaires.
  • Choisir des dates et heures, une durée et un mode d’enquête appropriés.
  • Adopter une définition de l’itinérance qui précise bien sur quelles personnes sans logement le recensement doit porter (aussi bien les personnes et les familles sans logement qui utilisent les refuges que celles qui ne les utilisent pas, y compris les personnes en itinérance cachée).
  • Produire un questionnaire, parfois baptisé « outil d’enquête », pour recueillir des renseignements auprès des personnes sans logement. Cet outil d’enquête comportera des questions de base, des questions facultatives choisies par le comité chargé de coordonner l’enquête et enfin, des identifiants uniques.
  • Recueillir suffisamment de données pour pouvoir s’assurer de ne recenser chaque personne qu’une seule fois et prévoir de quelle manière procéder, au besoin, à une « déduplication » fiable des données recueillies en double, le cas échéant.
  • Adopter un protocole de collecte de données garantissant la sécurité des répondantes et répondants, de même que la protection de leur vie privée.
  • Adopter un protocole garantissant la sécurité des enquêteuses et enquêteurs.
  • Offrir une formation relative à tous les aspects d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée à l’ensemble des membres du personnel et des bénévoles qui y collaborent.
  • Consigner le mode d’enquête retenu aux fins de l’établissement de la prévalence au cours d’une période donnée des personnes qui sont sans logement et produire un rapport à cet égard.

2.6 Collaboration des personnes et organismes autochtones

Il est absolument indispensable que les personnes et organismes autochtones, aussi bien membres des Premières Nations que métis et inuits, collaborent à la planification comme à l’exécution des activités visant à établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement. La recherche montre que les Autochtones sont nettement surreprésentés parmi les personnes sans logement – en particulier dans le Nord. La Commission de vérité et réconciliation du Canada[5] a souligné les effets néfastes des pensionnats et d’autres manifestations ou vestiges du colonialisme sur les communautés autochtones, leurs activités économiques, de même que leurs familles, éducation, culture, langues et spiritualité. Nombreux sont les groupes autochtones qui gardent un mauvais souvenir de projets réalisés par des personnes non autochtones, ce qui peut les rendre aussi bien sceptiques quant à la façon dont l’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement pourrait aider à satisfaire les besoins de leurs peuples que réticents à collaborer à une telle enquête.

Les organismes autochtones ont fait savoir haut et clair que quiconque souhaite forger des relations de travail fructueuses avec eux doit reconnaître leurs connaissances traditionnelles, leur culture comme leur vision du monde et en tenir compte. Vu qu’un recensement selon la méthode de la prévalence au cours d’une période donnée portera aussi sur des personnes autochtones et par souci de réconciliation, il est important que la planification de toute enquête menée dans le cadre d’un tel recensement reflète un engagement en faveur d’un dialogue et d’échanges continus avec les personnes et organismes locaux des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

Ainsi, il pourra s’avérer nécessaire, avant même de planifier une enquête pour établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, de se renseigner sur l’histoire et la culture des Autochtones de la région. Se familiariser avec les antécédents et les points de vue des Premières Nations, des Métis et des Inuits peut aider à saisir en quoi leur vision du monde, leurs croyances et leurs pratiques culturelles diffèrent de celles du reste de la population. En apprendre davantage à cet égard avant d’entamer une collaboration avec les Autochtones de la collectivité est de la plus haute importante et constitue une marque de respect. Les personnes autochtones qui œuvrent dans le domaine de la lutte contre l’itinérance nous rappellent souvent l’attachement que leurs peuples ont pour la Terre en général, et en particulier pour leurs terres ancestrales, ce qui peut jouer sur leur manière de décrire leurs propres circonstances. La perte ou séparation de leurs terres ancestrales peut contribuer à un sentiment d’itinérance. De plus, les personnes qui aiment rester proches de la nature et vivre en plein air ou coucher à la belle étoile ne ressentent pas nécessairement une privation du fait de ne pas avoir de logement.[6]

Prendre l’engagement d’adopter un mode d’enquête culturellement adapté aux populations recensées et apprendre comment le faire pour établir la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement peut rendre cette initiative plus intéressante et motiver plus de personnes à y participer. Plusieurs approches culturellement adaptées, reflétant une décolonisation des esprits[7] ont été mises au point pour aider les personnes autochtones et non-autochtones à collaborer à des initiatives de collecte de données. La décolonisation des esprits exige avant tout d’admettre les réalités de notre passé colonial et de veiller à ce que les activités organisées pour mener une initiative à bien ne reproduisent en rien les relations entre Autochtones et colons d’antan. D’après Margaret Kovach, [traduction] « la décolonisation vise à faire une place à la perspective autochtone dans la vie de tous les jours et dans la société pour éviter de l’omettre ou de la rejeter. »[8] Mme Kovach note par ailleurs qu’il est essentiel de prévoir l’élaboration de protocoles culturels dans le cadre de la planification d’une initiative si l’on veut que celle-ci reflète une approche de décolonisation. Selon elle, les peuples autochtones ont des liens concrets et d’autoidentification avec une variété de communautés, notamment tribales, urbaines, métis ou inuits. Les responsables d’un recensement selon la méthode de la prévalence au cours d’une période donnée ont intérêt à prendre en considération ses implications pour les différentes communautés autochtones.

Divers organismes autochtones se sont penchés sur la collecte et l’étude de données, de même que sur les outils disponibles pour faciliter l’adoption d’une approche du recensement qui soit compétente sur le plan culturel et ancrée dans des valeurs de respect et de renforcement des relations. Il nous incombe donc d’examiner les principes qui peuvent favoriser la mise en œuvre d’un recensement avec des partenaires autochtones.

Un exemple de principes dont il pourrait s’avérer utile de discuter avec les organismes autochtones sont ceux de propriété, contrôle, accès et possession (PCAP).[9] En 2007, le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations (CGIPN)[10] soulignait l’importance de ces principes : « Selon les principes PCAP (propriété, contrôle, accès et possession), les Premières Nations contrôlent les processus de collecte de données dans leurs communautés. (…). Grâce aux principes PCAP, les communautés peuvent déterminer les diverses étapes de la collecte des données, c'est-à-dire l’objectif principal, les moyens employés et les personnes responsables de la collecte, ainsi que décider de l’utilisation et de la communication de ces renseignements. » Le CGIPN souligne que les principes PCAP s’appliquent à toutes les activités de collecte et de gestion de données relatives aux Premières Nations (voir l’encadré 2 : Principes PCAP des Premières Nations).

Encadré 2 : Principes PCAP des Premières Nations

Quantité d’organismes des Premières Nations soulignent l’importance de respecter les principes PCAP au moment d’organiser des activités fondées sur des données relatives aux Autochtones. Le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations explique comme suit les quatre principes de la gouvernance des données comme ceux de propriété, contrôle, accès et possession (PCAP) :

  • Propriété - Il s'agit de la relation que les Premières Nations entretiennent avec leur savoir culturel et leurs données et renseignements les concernant. Selon ce principe, une communauté ou un groupe est collectivement propriétaire de l'information, à l'instar d'un individu qui est naturellement propriétaire de ses renseignements personnels.
  • Contrôle - Selon ce principe, les Premières Nations, leurs communautés et les organismes qui les représentent ont le droit d'exiger le contrôle d'intégralité de la recherche et des processus de gestion de l'information les concernant. Le contrôle de la recherche peut comprendre toutes les étapes d'un projet, c'est-à-dire du début à la fin. Le principe concerne aussi le contrôle de divers processus, dont l'attribution des ressources et l'examen, la planification, la gestion de l'information.
  • Accès - Quel que soit l'endroit où se trouvent des renseignements et données concernant les Premières Nations et leurs communautés, les Premières Nations doivent y avoir accès. Ce principe confirme également le droit des communautés et des organisations des Premières Nations de prendre des décisions concernant l'accès à leur information collective et la gestion de cet accès. Concrètement, ce droit peut être exercé au moyen de protocoles officiels normalisés.
  • Possession - Alors que la propriété définit la relation qui existe entre un peuple et l'information le concernant, la possession ou la gestion est, quant à elle, un principe plus concret. Il s'agit du contrôle matériel des données. Lapossession est un mécanisme permettant de faire valoir et de protéger la propriété.

Les organismes qui se penchent sur les questions d’éthique en matière de collecte de données auprès des Autochtones ont corroboré et renforcé les principes PCAP.[11] Il convient de discuter des principes PCAP avec les partenaires des Premières Nations, métis et inuits qui contribuent à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. Les organismes autochtones locaux voudront peut-être incorporer des principes additionnels ou différents à la planification comme à la mise en œuvre du recensement, et notamment au choix du mode d’enquête. Il est important de se renseigner auprès des partenaires autochtones locaux sur les principes dont le respect leur tient à cœur dans ce contexte.

Il ne faut pas omettre de consulter les Autochtones au sujet de leur rôle aux étapes d’interprétation et de diffusion des résultats de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement. L’adoption d’une approche de renforcement des relations de collaboration avec les partenaires autochtones peut mener à une meilleure compréhension commune de la manière dont la collecte des données pourra s’avérer avantageuse aussi bien pour les Autochtones que pour les non-Autochtones. Comme le dit si bien le CGIPN, les données sont souvent précieuses pour dégager de nouvelles connaissances et amener un changement positif. Les données recueillies pourront aider les Autochtones à obtenir du financement pour leurs programmes, orienter leur planification de nouveaux services ou faciliter leurs efforts de lobbyisme.

Il est important que les partenaires communautaires investissent le temps additionnel requis pour prendre contact avec les communautés autochtones, y compris celles des Premières Nations, des Métis et des Inuits, entamer un dialogue avec elles et les motiver à s’associer à cette enquête, de manière à parvenir à une collaboration efficace.

2.7 Étapes d’une enquête sur prévalence au cours d’une période donnée

L’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement se déroule en trois étapes, lesquelles comportent chacune une variété d’activités et de prises de décisions :

2.7.1 L’étape de planification, qui dure entre quatre et six mois, et qui inclut :

  • S’associer aux partenaires communautaires pour constituer une équipe chargée de planifier l’enquête et d’obtenir du soutien à l’échelle locale pour son exécution.
  • Prévoir l’approche retenue pour l’enquête, et notamment :
    • Définir le mode de recensement et sa portée (p. ex., dates, méthode d’échantillonnage);
    • Sensibilisation de la collectivité à l’enquête à venir;
    • Mise au point du questionnaire;
    • Adoption/révision des protocoles appliqués sur le terrain;
    • Choix du type de rétribution ou (de préférence) cadeau offert aux répondants en guise d’incitatif et de remerciement et détermination de l’examen d’éthique requis à cet égard.
  • Préparer l’exécution de l’enquête. Ces préparatifs doivent démarrer environ deux mois à l’avance. Le comité de coordination devrait commencer par :
    • Recruter les personnes qui seront chargées de la collecte des données, y compris des bénévoles;
    • Obtenir des cartes de la zone sur laquelle portera le recensement et diviser cette zone en plusieurs secteurs (y compris en traçant leurs limites sur les cartes).
  • Obtenir le soutien et la collaboration des partenaires communautaires.
  • Établir une liste de ressources qui sera remise aux enquêteuses et enquêteurs pour distribution.
  • Faire les préparatifs concrets de l’enquête, et notamment :
    • Trouver un endroit central;
    • Surveiller la météo et les événements prévus pour la collectivité qui pourraient avoir une incidence sur l’enquête (p. ex., une situation d’urgence) et commencer à élaborer des plans pour la continuité de l’enquête selon les circonstances;
    • Constituer des équipes et leurs remplacements;
    • Produire du matériel de formation et rassembler les fournitures requises;
    • Communiquer les plans relatifs à l’enquête aux organismes communautaires;
    • Prévoir la manière dont se feront la surveillance de la collecte de données, de même que le ramassage et le rangement des questionnaires une fois remplis;
    • élaborer des stratégies et des protocoles pour la mise en œuvre du recensement (p. ex., concernant le débreffage, la formation à la gestion des cadeaux ou rétributions aux répondants, ou encore la mise au point d’un système de gestion des données).

2.7.2 L’étape d’exécution de l’enquête

Un recensement par l’entremise d’une enquête auprès de la clientèle des services communautaires et auprès des personnes sans logement qui n’utilisent pas les refuges s’étale en général sur sept jours. L’une des meilleures façons de procéder est d’installer des tables dans les locaux des fournisseurs de services ou sous des auvents à divers endroits dans la rue, afin d’être bien en vue des personnes sans logement. Le bouche à oreille fera savoir qu’une enquête est en cours. Là où il sera également prévu de mener l’enquête de porte à porte, le recensement pourra prendre entre une semaine et deux mois, selon la taille de l’équipe qui en sera chargée.

Il s’agit aussi de préparer les activités de suivi à la fin de chaque journée d’enquête. Il faudra notamment convenir d’une approche systématique pour faire le point avec chaque membre de l’équipe, ramasser les questionnaires et les ranger, débreffer l’équipe et régler tout problème susceptible de se poser.

2.7.3 L’étape de suivi

Le suivi une fois l’enquête terminée consiste à compiler les données en vue de leur analyse, de même qu’à rendre compte des résultats de l’enquête aux intervenants communautaires. Les résultats de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement au sein d’une collectivité devraient contribuer à mieux comprendre l’itinérance locale et favoriser l’élaboration de plans d’action par les responsables locaux pour y remédier. Les activités liées à la compilation des données incluent la saisie des données, leur traitement et leur épuration.

3. Planifier une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

3.1 S’associer aux partenaires communautaires pour constituer une équipe chargée de planifier l’enquête

Il est vivement recommandé de lancer une vaste consultation au sein de la collectivité où une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement est prévue, afin de rallier le plus de soutien possible en faveur de cette initiative. Vu que sa planification et son exécution seront un effort communautaire, ce type de recensement nécessite la constitution d’un comité de coordination de l’enquête et la désignation d’une personne responsable de celle-ci à l’issue d’une telle consultation.

L’un des aspects cruciaux de la planification d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement au sein d’une collectivité est de favoriser la collaboration des fournisseurs de services et autres partenaires communautaires aux activités soit de planification et d’exécution de l’enquête (p. ex., leur contribution à l’effectif et aux travaux du comité de coordination ou leur assistance pour trouver des bénévoles et des répondants), soit de suivi de celui-ci, ou même les deux.

3.1.1 Dresser la liste des fournisseurs de services

Le recensement des personnes sans logement au moyen d’une enquête sur leur prévalence au cours d’une période donnée repose entre autres sur la possibilité de communiquer avec ces personnes par l’entremise des services qu’elles utilisent. Ainsi, le succès d’une telle enquête nécessite la collaboration de tout un éventail de fournisseurs de services capables de contribuer leur temps et leur savoir-faire à son organisation et à son exécution.

Pour cela, il convient de soigneusement dresser la liste de tous les fournisseurs de services auxquels les personnes sans logement peuvent avoir accès. Cette liste devra bien entendu contenir des données à jour, fournies par les partenaires communautaires. Elle déterminera qui devrait concrètement participer à l’enquête. Nous revenons sur ce point plus en détail ci-dessous.

3.1.2 Recruter des partenaires communautaires

La création d’une liste de fournisseurs de services et d’autres partenaires au sein de la collectivité pourra faciliter la constitution d’un comité de coordination. Veiller à recruter des membres diversifiés pour ce comité peut aider à mieux comprendre les différentes cultures, circonstances et expériences des personnes sans logement. Composé de membres aux expériences et antécédents variés, le comité reflétera aussi une plus grande sensibilité culturelle, ce qui sera favorable au processus de planification. Les personnes sans logement sont souvent vulnérables, d’où l’utilité d’avoir au sein du comité une variété de membres de la collectivité capables de faire preuve d’empathie et de respect envers les autres, quels que soient les aspects particuliers ou ordinaires de leur existence (voir l’encadré 3 : Collaboration des partenaires communautaires).

Une bonne façon de s’assurer de dresser une liste de fournisseurs exhaustive est de commencer par compiler les renseignements existants sur les groupes de planification et de revendication locaux et sur les types de services offerts dans la collectivité, puis de s’attacher à compléter cette liste et à la mettre à jour. Tenir la liste des partenaires communautaires à jour suppose de vérifier régulièrement si des changements sont intervenus au niveau du réseau de services ou du personnel des divers organismes qui le composent (c.-à-d., d’établir la liste complète des services pertinents, de leurs fournisseurs, des défenseurs des intérêts de leur clientèle, de même que des décisionnaires politiques, et de repérer les personnes sans logement ou qui se sont déjà trouvées sans logement).

Faire connaître les avantages d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut faciliter le recrutement de membres pour le comité de coordination. Ces avantages sont notamment les suivants :

  • La collecte de données fiables sur la taille et les caractéristiques de la population de personnes sans logement;
  • La dissipation des stéréotypes et des mythes relatifs aux personnes qui se trouvent en situation d’itinérance dans les différentes formes que celle-ci peut prendre, y compris l’itinérance cachée;
  • La collecte de renseignements sur l’itinérance susceptibles de renforcer les demandes de financement présentées aux bailleurs de fonds pour des activités de lutte contre l’itinérance;
  • La sensibilisation accrue des membres de la collectivité à l’itinérance et leur mobilisation pour y remédier.

Les partenaires communautaires peuvent aussi aider par la mise à contribution de leur savoir-faire, de leurs ressources, de membres de leur personnel ou de bénévoles, la communication des meilleurs endroits où mener l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, l’assistance avec les activités liées à l’enquête, l’acquisition ou la fourniture d’incitatifs pour les répondants ou encore la mobilisation d’autres soutiens communautaires.

Les personnes responsables d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité devront aussi réfléchir à la manière de se mettre en contact avec les groupes énumérés ci-après et avec tout autre membre de la collectivité capable de contribuer de quelque manière que ce soit à la coordination et au soutien de l’enquête.

Le comité de coordination devrait réfléchir à la manière d’incorporer le savoir-faire des intervenants qui ne font pas partie de ses membres. Ceci pourrait se faire par l’entremise d’un sous-comité, d’une présentation au comité ou par l’entremise d’autres formes de communication.

Encadré 3 : Collaboration des partenaires communautaires

Idéalement, la prévalence au cours d’une période donnée sera établie par le personnel des organismes et par les particuliers ci-après :

  1. Fournisseurs de services aux personnes sans logement;
  2. Coalitions et groupes de revendication;
  3. Personnes qui se trouvent ou se sont déjà trouvées sans logement;
  4. Fournisseurs de services (autres que des services aux personnes sans logement) dans la collectivité;
  5. Partenaires gouvernementaux;
  6. Partenaires autochtones;
  7. Organismes et fournisseurs de services multiculturels, y compris des services aux nouveaux arrivants et aux Francophones;
  8. Collèges et universités;
  9. Groupes d’action civique et bénévoles;
  10. Entreprises locales.
  1. Fournisseurs de services aux personnes sans logement
  2. La collaboration de tous les organismes qui fournissent des services aux personnes sans logement dans une collectivité est indispensable à la réussite d’une enquête sur la prévalence de ces dernières au cours d’une période donnée. Pour cela, il est utile de dresser et de mettre à jour une liste des fournisseurs de services aux personnes sans logement ou qui vivent dans la pauvreté au sein de la zone géographique où l’enquête sera menée. Les services en question, qu’ils soient financés par les deniers publics, sans but lucratif ou privés, sont notamment les suivants :

    • Refuges ou logements de transition;
    • Soupes populaires ou banques alimentaires;
    • Centres d’accueil ou centres communautaires;
    • Programmes de désintoxication, de traitement ou de rétablissement;
    • Programmes de santé mentale ou physique;
    • Programmes autochtones et culturels;
    • Programmes d’approche, de lutte contre l’itinérance, registres ou programmes de logement;
    • Programmes de collecte de données ou de coordination, tels que le Système d’information sur les personnes et les familles sans-abri (SISA).

    La liste des fournisseurs de services peut aussi inclure des organismes qui offrent des services à une clientèle particulière, telle que les jeunes, les victimes de violence ou encore les personnes ayant servi dans les Forces Armées.

  3. Coalitions et groupes de revendication
  4. Les personnes influentes et les organismes de la collectivité qui s’intéressent aux questions touchant le logement et l’itinérance devraient être invités à siéger au comité de coordination. Il pourrait par exemple s’agir de personnes faisant partie de coalitions qui œuvrent pour le logement ou contre l’itinérance ou encore du conseil d’administration de ce type d’entité. Le soutien de ces personnes pourrait s’avérer particulièrement utile pour s’assurer de la collaboration d’autres intervenants à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée.

  5. Personnes qui se trouvent ou se sont déjà trouvées sans logement
  6. Les personnes qui se trouvent ou se sont déjà trouvées sans logement peuvent jouer un rôle actif et précieux à l’égard de bien des aspects d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. Elles peuvent, par exemple, aider avec la planification, le recrutement, la formation ou encore la collecte de données. Les personnes qui ont elles-mêmes connu l’itinérance connaissent souvent bien les endroits où celles qui sont encore dans cette situation se rassemblent ou se retirent pour la nuit et elles savent comment interagir avec elles de façon respectueuse.

  7. Fournisseurs de services (autres que des services aux personnes sans logement) dans la collectivité
  8. Les fournisseurs de services emploient des personnes qui ont beaucoup de compétences et d’expérience. Certains de ces employés pourront contribuer à des tâches de planification et d’exécution de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité. Le personnel des programmes et services liés à l’éducation, à la jeunesse, aux Autochtones ou aux anciens combattants, aux services communautaires et culturels ou encore aux services publics locaux, tels que les bibliothèques publiques, les parcs, le transport en commun ou encore les services d’urgence pourra être intéressé à collaborer à tout ce qui touche cette enquête.

  9. Partenaires gouvernementaux
  10. Vu que l’itinérance est un problème qui concerne tous les paliers de gouvernement, il importe de réfléchir à la manière d’obtenir la collaboration d’employés de l’administration locale, provinciale ou fédérale. Leur présence au sein du comité de coordination, de ses sous-comités, des équipes ou d’autres groupes chargés de tâches liées à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut être précieuse. Ces personnes peuvent contribuer à la gestion, au soutien logistique ou aux communications, à la collecte et au traitement des données, ou encore à la mobilisation des connaissances et à la production de rapports.

  11. Partenaires autochtones
  12. Il est indispensable de s’assurer de la collaboration des Premières Nations, des Métis et des Inuits comme de leurs organismes respectifs à la planification comme à l’exécution de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité. Forger des relations avec leurs dirigeants et leurs organismes est important vu la surreprésentation des Autochtones au sein de la population itinérante, car cela peut favoriser une plus vaste participation de ces derniers à l’enquête. Le renforcement de ces relations constitue aussi un pas important dans le sens de la reconnaissance de l’oppression passée des Autochtones et d’une amélioration de l’entente, du dialogue et de la réconciliation avec leurs peuples. Les liens de réciprocité avec leurs communautés et la restitution de quelque chose à celles-ci (p. ex., des renseignements précis sur l’itinérance parmi leurs membres) et à leurs répondants (p. ex., une rétribution ou un cadeau de remerciement) montreront que l’exécution de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée reconnaît l’importance du bien-être de leurs membres. Les partenaires autochtones peuvent inclure des fournisseurs de services ou de logements, des dirigeants ou chefs officiels ou officieux, des aînés ou encore des gens d’affaires et d’autres personnes intéressées au sein de la collectivité qui font partie de la communauté autochtone et la comprennent.

    La collaboration des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits comme de leurs organismes aux initiatives qui ont une incidence sur leur bien-être est indispensable.[12] De l’information est disponible quant à la manière d’aborder les aînés ou d’autres détenteurs de connaissances des Autochtones de façon respectueuse. Certaines communautés cultivent des traditions telles que la présentation d’un don de tabac ou autre en guise d’amorce d’une relation. Il convient de reconnaître et de respecter les pratiques culturelles et éthiques existantes dès les premiers pas vers la constitution d’un comité de coordination pour les besoins d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. (Prière de voir la section 2.6 Error! Reference source not found. plus haut).

  13. Fournisseurs de services multiculturels
  14. Les efforts de recrutement pour la participation à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée devraient viser les divers groupes culturels, linguistiques et minoritaires, y compris les nouveaux arrivants au pays. Il convient aussi d’évaluer le niveau des besoins de services en français et d’encourager des Francophones à participer à l’enquête, compte tenu de la Loi sur les services en français, L.R.O. de 1990, chap. F.32. Les fournisseurs de services multiculturels dont la collaboration pourrait être sollicitée incluent ceux qui œuvrent auprès de personnes se trouvant sans logement, ceux dont les locaux pourraient servir d’endroit pour mener l’enquête, ceux qui pourraient organiser des événements susceptibles d’attirer un grand nombre de personnes visées par le recensement ou encore ceux qui pourraient libérer une partie du temps des membres de leur personnel pour leur permettre de collaborer à la planification de l’enquête. Il serait bon de repérer les organismes qui fournissent des services aux nouveaux arrivants et de les inviter à collaborer à l’enquête.

  15. Collèges et universités
  16. L’aide des membres du personnel et de la population étudiante des collèges et universités peut s’avérer utile pour planifier et exécuter une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité. Les personnes qui ont des compétences et de l’expérience en matière de conception de projets ou de collecte de données, ou encore des connaissances concernant tout ce qui touche la pauvreté et l’itinérance peuvent faire une précieuse contribution à ce type de recensement. Ceux et celles qui travaillent ou qui étudient au niveau postsecondaire peuvent collaborer aux activités liées à la conception, à l’éthique ou l’intégrité, à la planification et à l’exécution de l’enquête, de même qu’à la saisie des données recueillies, à leur épuration et traitement, et enfin, à la rédaction de rapports. Les jeunes qui poursuivent des études pourraient être intéressés à profiter de leur collaboration à l’enquête pour remplir leurs exigences de stage.

  17. Groupes d’action civique et bénévoles
  18. Dans chaque collectivité, il existe des organismes de service bénévole, confessionnels ou non, dont les membres pourraient être intéressés à collaborer à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement.

  19. Entreprises locales
  20. Les propriétaires ou gérants d’entreprises locales peuvent aider à planifier et à exécuter l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité par l’entremise de commandites ou encore de dons en temps ou en argent. Vous pourriez par exemple leur proposer de faire des dons en nature en faveur de l’enquête, tels que des boissons, des fournitures de bureau ou des cadeaux pour les répondants (p. ex., des cartes-cadeaux, services, fournitures sanitaires ou autres incitatifs).

3.1.3 Créer un comité consultatif ou un comité de coordination

Au départ, il se peut que seulement une ou deux personnes décident de mener une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement et veulent constituer un comité de coordination (voir l’annexe A : Modèle de lettre aux fournisseurs de services). Les efforts pour rallier des partenaires communautaires à cette initiative peuvent dans un premier temps consister à repérer les organismes qui offrent des services aux personnes sans logement et leurs responsables, leur rendre visite ou participer à des réunions ou autres événements qu’ils organisent. Les membres du comité de coordination pourront inviter d’autres personnes à assister à leurs réunions, et ce, par courrier électronique, par téléphone, en personne ou une combinaison de moyens de communication (p. ex., lettre, courriels, affiches ou dépliants). La première réunion sera l’occasion de discuter de la composition du comité de coordination et du ou des modes d’enquête à retenir pour l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. Un ordre du jour, distribué à l’avance, pourra par exemple prévoir :

  • Mots de bienvenue et présentations.
  • Quelques mots sur l’itinérance et présentation des modes d’enquête envisagés.
  • Discussion relative aux modes d’enquêtes.
  • Discussion relative aux critères d’admission au comité de coordination.
  • Tâches et engagements.
  • Expressions d’intérêt à devenir membre du comité de coordination.
  • Répartition des tâches et engagement à communiquer avec d’autres personnes qui ne sont pas présentes pour voir si elles seraient intéressées à collaborer à l’enquête.

3.2 Planification de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

Le temps à prévoir pour la planification d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité variera, d’une part, selon la disponibilité des membres du comité de coordination et des partenaires communautaires pour l’exécution des différentes tâches, et d’autre part, selon que cette enquête sera la première de ce type à être menée dans la collectivité ou non. L’idéal est d’entamer le processus six mois avant la date de démarrage visée pour l’enquête, si possible, mais toujours au moins quatre mois à l’avance. Il importe de plus de prendre le temps dès le départ pour prendre contact avec les partenaires autochtones, y compris des organismes des Premières Nations, Métis et Inuits, dialoguer avec eux et obtenir leur collaboration. Cette section traite de la manière de planifier une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée et renseigne sur les composantes, les éléments ou les étapes d’un plan de qualité.

3.2.1 Obtenir le soutien et la collaboration des partenaires communautaires

Les membres du comité de coordination devraient réfléchir aux raisons de l’éventuelle réticence de certains partenaires communautaires potentiels à mener une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité et en discuter. Il se peut qu’ils craignent de ne pas avoir assez de temps ou de ressources à consacrer à une telle enquête ou encore qu’ils veuillent protéger la vie privée de leur clientèle. Savoir quels obstacles les partenaires potentiels voient à leur collaboration peut faciliter l’élaboration de stratégies pour les surmonter. Les responsables de différentes enquêtes de ce type menées par le passé ont obtenu le soutien et la collaboration d’intervenants communautaires en utilisant une variété de stratégies pour contrer les obstacles apparents, tel que décrit ci-après :

  • Manque de temps ou de ressources : le comité de coordination peut cerner les besoins d’un organisme et élaborer un plan pour lui fournir des bénévoles qui l’aideront avec la collecte de données, ce qui évitera à l’organisme d’affecter des membres de son personnel ou ses propres ressources à cette tâche. Il s’agira néanmoins d’assurer une coordination avec le personnel de l’organisme.
  • Questions d’éthique et protection de la vie privée de la clientèle : Le comité de coordination doit adopter une politique de confidentialité pour garantir le plein respect de la vie privée de l’ensemble des répondantes et répondants. Il faut absolument faire attention aux préoccupations exprimées et intégrer des idées pour y faire face, si l’on veut s’assurer du plus vaste soutien possible de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée (voir l’annexe C : Politique et entente de confidentialité).
  • Utilité des résultats : Discuter avec les partenaires communautaires potentiels de l’utilisation qu’ils pourront faire des résultats de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes qui se trouvent sans logement aidera ceux-ci à comprendre en quoi ils ont intérêt à soutenir cette enquête.
  • Relations existantes :Les membres du comité de coordination ou leurs alliés qui ont déjà des relations positives avec des personnes au sein d’organismes qui font preuve de réticence face à l’enquête pourront peut-être avoir des discussions fructueuses avec ces interlocuteurs et les convaincre de collaborer à l’enquête.

3.2.2 Décider de la portée de l’enquête et du mode d’enquête

Une fois constitué, le comité de coordination devra déterminer, planifier et coordonner divers aspects de l’enquête. Il pourra se doter de sous-comités, qui pourront mener la planification sur plusieurs fronts simultanément. Un sous-comité pourra, par exemple, être chargé de la liaison avec les fournisseurs de services; un autre de la conception et révision du questionnaire d’enquête; un troisième de l’obtention de dons et de commandites; un autre du recrutement et de la formation des bénévoles; et enfin un dernier de la planification des activités à prévoir une fois l’enquête terminée, telles que la saisie, l’épuration et la présentation des données.

Liaison avec les fournisseurs de services

La liaison avec les fournisseurs de services consiste à collaborer avec ces derniers pour obtenir certains renseignements pertinents, tels que la zone géographique sur laquelle s’étendent leurs activités et sur laquelle portera donc l’enquête; les endroits où des personnes sans logement font appel à leurs services; d’autres endroits où les personnes sans logement se rassemblent, et toute autre information sur la manière de trouver et d’aborder les personnes sans logement, puis de leur soumettre un questionnaire d’enquête.

Conception du questionnaire d’enquête

Cette tâche consiste à prendre connaissance des questions de base existantes et à les modifier, au besoin, avant de les inclure dans le questionnaire d’enquête; décider des questions supplémentaires auxquelles les groupes d’intervenants communautaires locaux aimeraient avoir des réponses; consulter les sous-groupes culturels au sujet du questionnaire (p. ex., les Autochtones, les groupes minoritaires, les jeunes, les anciens combattants et autres anciens militaires ou encore les familles); et enfin, décider si le questionnaire devrait être traduit dans d’autres langues et, dans l’affirmative, déterminer comment pareille traduction sera obtenue. La section 3.2.3 Concevoir un questionnaire d’enquête un peu plus loin revient sur le questionnaire plus en détail.

Mise au point de la méthode d’échantillonnage

Échantillonnage pour le recensement fondé sur les services et le recensement hors des refuges

La mise au point d’une méthode d’échantillonnage passe par la prise de décisions concernant la portée géographique de l’enquête (autrement dit, la délimitation des zones géographiques où l’enquête sera menée), l’obtention de cartes, le choix des dates et heures de l’enquête et enfin le recrutement de populations particulières (p. ex., des jeunes, des femmes, des familles, des membres de groupes culturels, des personnes en situation d’itinérance cachée, des personnes sans logement qui n’utilisent pas les refuges ou des anciens combattants). Le but d’un dénombrement par l’entremise d’une enquête auprès de la clientèle des services communautaires et auprès des personnes sans logement qui n’utilisent pas les refuges est de pouvoir y inclure toutes les personnes qui se trouvent sans logement et qui sont prêtes à participer à l’enquête.

Le dénombrement des personnes sans logement est aussi souvent qualifié de recensement, mais il ne faut pas se leurrer : quelle que soit l’expression retenue pour désigner une telle initiative, ses résultats constitueront inévitablement une sous-estimation de la prévalence des personnes sans logement. En effet, il est tout simplement impossible de trouver et d’aborder toutes les personnes qui se trouvent sans logement et, pire, certaines personnes qui seront repérées comme telles refuseront de participer. II a été reconnu que le dénombrement de certains groupes, tels que les jeunes, est toujours inférieur à la réalité, parce qu’ils évitent de participer, surtout s’ils n’ont pas encore l’âge de la majorité, se sont sauvés de la maison ou se méfient des activités officielles.

Le souci d’inclure certains sous-groupes particuliers dans ce type de dénombrement donne lieu au recours à des modes d’enquête fondés sur les lieux où leurs membres ont tendance à se rassembler. L’Observatoire canadien sur l’itinérance a par exemple créé, sur son site Le rond-point de l’itinérance, une trousse d’outils destinée à aider les personnes qui cherchent à dénombrer des jeunes qui se trouvent sans logement.[13]

Une autre solution est d’organiser des événements susceptibles d’attirer un grand nombre de personnes visées par le dénombrement. Ces événements spéciaux doivent avoir lieu durant la période retenue pour l’enquête et être aisément accessibles aux personnes sans logement. Ils comportent souvent des activités, par exemple, la distribution de nourriture, qui répondent aux besoins les plus pressants des personnes qui se trouvent sans logement et qui ont donc de bonnes chances de les attirer et de les inciter à participer à l’enquête.

Échantillonnage pour une enquête de porte à porte

Cette section présente une méthode d’échantillonnage pour une enquête menée de porte à porte dans différents quartiers dans le but de faire la lumière sur l’itinérance cachée.

Faire du porte-à-porte au sein de la collectivité peut être une excellente façon de recueillir des renseignements sur l’itinérance cachée et le vécu de l’itinérance par les résidents locaux. L’ajout du porte-à-porte à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement est particulièrement important dans les collectivités où les services offerts sont peu nombreux. Cette façon de procéder permet aussi d’obtenir des renseignements sur les conditions de vie dont l’équipe menant l’enquête n’aurait autrement pas connaissance. Les enquêteuses et enquêteurs qui font du porte-à-porte peuvent se faire une idée de première main des conditions de vie de la population des quartiers à l’étude.

Il est possible d’utiliser les cartes existantes de la collectivité pour produire un échantillonnage systémique des zones géographiques sur lesquelles doit porter l’enquête. Ces zones peuvent aussi être sectionnées par ordre numérique et sélectionnées à l’aide d’un échantillonnage aléatoire. Une autre possibilité est d’utiliser un échantillonnage basé sur certains critères pour sélectionner les zones et les quartiers à faible revenu. Enfin, plusieurs méthodes peuvent être combinées pour arriver à un échantillonnage aléatoire des quartiers, tout en arrivant à un suréchantillonnage des zones à faible revenu fondé sur la présomption d’une plus grande probabilité de risque d’itinérance dans ces zones.

Il est possible d’avoir ensuite recours à une méthode d’échantillonnage en grappes, de manière à obtenir d’abord un échantillonnage aléatoire des sections et ensuite un échantillonnage systématique des résidences dans chaque section prise en compte aux fins de l’enquête (les unités d’échantillonnage sont des résidences individuelles). Selon la taille de la collectivité, environ 25 % de ses rues résidentielles devraient constituer un échantillon suffisant pour les besoins d’une enquête de porte à porte sur la prévalence des personnes sans logement au sein de sa population locale.[14]

Dons et commandites

La planification d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut aussi inclure des activités visant à obtenir des dons d’organismes locaux. Il est possible de conclure des ententes de commandite avec des entreprises locales pour obtenir divers types de biens (p. ex., des fournitures de bureau), de services (p. ex., des services d’imprimerie) ou encore du ravitaillement (p. ex., de l’eau et d’autres boissons et des collations pour les répondants et les bénévoles).

Rétribution, cadeau ou autres incitatifs

L’offre d’une rétribution, d’un cadeau ou d’autres incitatifs est souvent recommandée pour favoriser la participation à une enquête et pour remercier les répondants, mais cette pratique est parfois controversée (ou même contraire à l’éthique si ce qui est offert est tel que l’on peut y voir une forme d’influence indue ou de coercition, en particulier si l’incitatif utilisé est de la nourriture). Les membres du comité de coordination devront en discuter. Lors d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement menée à Sudbury au début de 2015, chaque répondante et répondant s’est vu remettre 5 $ en guise de remboursement de ses dépenses liées à la participation à l’enquête. Aux États-Unis, les lignes directrices relatives aux méthodes de dénombrement ponctuel précisent que les incitatifs acceptables sont des tickets de transport, des cartes de crédit alimentées d’un montant spécifique, disons 10 $, des cartes-cadeaux pour un restaurant ou encore des biens tels qu’un sac à dos contenant par exemple des articles de toilette ou d’hygiène.

La trousse d’outils accessible de l’Observatoire canadien sur l’itinérance recommande l’offre de cartes-cadeaux, de barres de céréales et de laissez-passer de transport en guise de rétribution, mais dit de n’en parler à une personne qu’après avoir obtenu son consentement à participer à l’enquête, afin d’éviter toute coercition. Il est déjà arrivé que les répondants à ce type d’enquête aient reçu aussi bien un cadeau de participation et un cadeau de remerciement (Calgary Homeless Foundation, 2014).[15] Ce qui importe, c’est de consulter les membres de la collectivité pour choisir des façons respectueuses et appropriées de reconnaître la contribution des répondantes et répondants à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée.

Période d’enquête

Une des premières décisions à prendre est celle de savoir quelle sera la période donnée au cours de laquelle se déroulera l’enquête sur la prévalence des personnes sans logement. Très souvent, pareille enquête aura lieu sur une semaine entière (sept jours). Il faudra établir une heure et une date de début et de fin de l’enquête. L’enquête pourra par exemple débuter à 7 heures du matin le premier jour et prendre fin à la même heure sept jours entiers plus tard. Parfois, le début et la fin sont fixés comme étant du lever du soleil un certain jour jusqu’au coucher du soleil un autre. Pour les besoins d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement au sein d’une collectivité, la précision des heures de début et de fin est moins cruciale que pour des dénombrements ponctuels sur six ou 24 heures, vu que des données seront recueillies qui permettront de procéder à une déduplication de la base de données.

Dans certaines collectivités, une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement pourra s’étirer davantage et durer jusqu’à huit semaines ou même plus, dans des circonstances exceptionnelles. Il pourra s’avérer nécessaire de prévoir une période plus longue pour l’enquête si celle-ci inclut du porte-à-porte. Tel qu’expliqué plus bas, l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée nécessite la collecte de renseignements suffisants pour pouvoir procéder à la déduplication de la base de données.

Il convient de consulter les intervenants communautaires avant de décider de la période sur laquelle se déroulera l’enquête. Il est recommandé qu’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement soit menée sur sept jours consécutifs, afin de pouvoir recueillir des données ayant rapport à chaque jour de la semaine, mais la question de savoir quelle semaine du mois sera retenue est également importante. Les personnes qui comptent sur l’aide financière du gouvernement par l’entremise de crédits d’impôt ou de programmes tels que Ontario au travail et le Programme ontarien de soutien aux personnes handicapées, la Prestation Trillium de l’Ontario, le crédit d’impôt pour enfants ou le Régime de pensions du Canada reçoivent leurs chèques à un moment précis du mois. Le calendrier de ces paiements peut jouer sur le recours aux services offerts dans la collectivité. Il est recommandé de mener l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement lorsque la demande pour les services des organismes partenaires est la plus forte, afin de pouvoir arriver à un recensement plus complet.

Portée géographique

La portée géographique d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée doit être établie le plus rapidement possible dès le lancement de la planification. Une exigence posée par le gouvernement de l’Ontario est que les gestionnaires de services choisissent un certain nombre de municipalités et couvrent ensuite l’ensemble du territoire des différentes municipalités sélectionnées. Il est en général préférable de repérer les zones et les endroits en plein air où l’on sait que les personnes sans logement se tiennent, y compris les parcs, les terrains de camping, les immeubles abandonnés, les ponts, tunnels, gares d’autobus ou de trains, réseaux de sentiers, zones boisées et autres.

Il existe des cartes pour toutes les collectivités de l’Ontario. Les consulter avec les partenaires communautaires peut aider à déterminer l’étendue d’une collectivité et l’emplacement des endroits où l’on sait que se tiennent ou s’abritent des personnes sans logement. Cette information pourra servir à établir le nombre d’enquêteuses et d’enquêteurs et d’équipes à prévoir.

Mener l’enquête dans les locaux des fournisseurs de services est une bonne façon de prendre contact avec les personnes qui se trouvent sans logement. Les soupes populaires et autres services de distribution de nourriture, les haltes accueil et lieux de prestation de services sociaux ou autres sans rendez-vous, les centres culturels ou communautaires comme tout autre lieu où les personnes sans logement peuvent obtenir des services publics ou privés devraient être inclus dans un effort de dénombrement fondé sur l’accès aux services. Il convient de discuter avec les fournisseurs de ces services et les autres partenaires communautaires susceptibles de pouvoir faciliter la prise de décisions quant aux endroits où placer des tables ou des stands de plein air pour les besoins de l’enquête.

3.2.3 Concevoir un questionnaire d’enquête

Cette section traite des composantes du questionnaire d’enquête qui sera utilisé pour le dénombrement.

Le questionnaire d’enquête inclut des renseignements au sujet de l’interaction avec les répondantes et répondants, de même que toutes les questions qui servent à recueillir des données directement auprès des personnes sans logement. Il s’accompagne du formulaire de consentement.

La feuille de couverture de l’enquête devrait comporter des sections dans lesquelles noter les renseignements sur l’interaction avec la répondante ou le répondant, à savoir :

  • La date;
  • L’endroit où le questionnaire a été rempli;
  • Le numéro ou code d’identification de l’enquêteuse ou de l’enquêteur.

Ces sections et leurs invites peuvent être insérées dans une boîte de texte marquée « À usage interne seulement ».

Feuille de contrôle pour les personnes qui refusent de participer à l’enquête

Un dénombrement fondé sur le nombre de questionnaires d’enquête partiellement ou entièrement remplis sous-estimerait le nombre de personnes qui se trouvent sans logement, parce qu’il ne tiendrait compte que des personnes prêtes à remplir un questionnaire et capables de le faire. Les personnes qui ne veulent ou ne peuvent pas participer à l’enquête, mais qui sont manifestement sans logement peuvent être dénombrées sur une feuille séparée. À titre d’exemple, il ne faudrait pas réveiller quelqu’un qui dort dehors ou dans un véhicule pour l’inviter à participer à l’enquête, mais cette personne peut être comptée sur une feuille séparée, dite feuille de contrôle. La même chose vaut pour quelqu’un dans un refuge qui ne souhaite pas répondre aux questions d’enquête. La Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance fournit un modèle de feuille de contrôle pouvant servir à dénombrer les personnes qui ne participent pas à l’enquête, mais qui sont de toute évidence sans logement.

A. Script d’enquête

Les enquêteuses et enquêteurs feront bien de mémoriser un petit script, afin d’être plus à l’aise au moment d’aborder les gens. Le script ci-après est une adaptation d’un modèle fourni dans les lignes directrices pour un dénombrement ponctuel de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance :

Bonjour, mon nom est (NOM) et je suis bénévole pour l’enquête sur les besoins en matière de logement à (NOM DE LA COLLECTIVITÉ). Cette enquête a pour but d’améliorer les programmes et les services offerts aux personnes qui se trouvent sans logement. Répondre aux questions ne devrait prendre que 10 minutes environ.

  • Vous n’êtes pas obligé(e) de me répondre. La participation à l’enquête est tout à fait volontaire. Si vous acceptez de participer, je ne noterai pas votre nom.
  • Vous pouvez choisir de sauter une question et d’arrêter de répondre aux questions quand vous voulez.
  • Les résultats de cette enquête aideront à mieux comprendre la situation des personnes sans logement au Canada et serviront à rechercher des façons d’améliorer les services aux personnes sans logement.

Enquêteuses et enquêteurs : Voici d’autres points que vous pouvez inclure dans votre conversation pour rassurer une répondante ou un répondant et lui rappeler que sa participation est volontaire :

  • « Les questions sont courtes et simples. »
  • « Votre participation ne changera rien à votre utilisation des services. »
  • « Vous n’êtes pas obligé de répondre à toutes les questions. »
  • « Vous pouvez arrêter quand vous voulez. »
  • « Vous pouvez même changer d’avis et nous demander de détruire votre questionnaire sous vos yeux. »
B. Formulaire de consentement

L’annexe C : Politique et entente de confidentialité contient un modèle de lettre et de formulaire que vous pouvez adapter. Vous pouvez inclure ces pages dans les trousses préparées en préparation du dénombrement, tel qu’expliqué plus bas, à la section 3.3.8 Impression des documents et préparation des trousses d’enquête.

Si des spécialistes de la recherche universitaire collaborent à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans votre collectivité, le conseil d’éthique de la recherche de leur établissement exigera qu’un consentement soit obtenu de chacune des répondantes ou des répondants et qu’une copie de la lettre d’information et du formulaire de consentement leur soit remise.

Il ne faut pas poser les questions d’enquête à qui que ce soit sans son consentement préalable. Il est néanmoins possible de compter, sur une feuille séparée, comme étant sans logement les personnes qui sont manifestement dans cette situation et qui refusent de participer à l’enquête.

C. Identifiants uniques

Afin d’éviter de compter la même personne plus d’une fois, il s’agit de créer es identifiants uniques à l’aide des renseignements recueillis durant l’enquête. Les identifiants uniques sont créés en combinant des éléments d’information qui permettent de distinguer une personne d’une autre, tout en préservant son anonymat et le caractère confidentiel des données qui la concernent. Si quelqu’un répond au questionnaire plus d’une fois, son identifiant unique permet de la repérer et de retirer les questionnaires en double, triple ou plus de la base de données une fois que la collecte de données est terminée (ce processus est qualifié de « déduplication »).

Il est possible de recueillir des données spéciales (p. ex., les initiales et la date de naissance) pour créer un identifiant unique sans atteinte à l’anonymat ni à la confidentialité en les combinant avec des renseignements recueillis sur le questionnaire d’enquête, tels que le sexe ou l’identité de genre.

Initiales : __ prénom __ 2e prénom __ nom de famille

Date de naissance : ____ mois _______ année

Identité de genre

(selon la réponse à la question d’enquête no 8) ___________

La création de l’identifiant unique peut avoir lieu au moment de la saisie des données, mais c’est aux enquêteuses et enquêteurs de s’assurer, dans la mesure du possible, de recueillir les renseignements requis pour le créer.

D. Questions de sélection

Il est important de sélectionner les personnes invitées à remplir le questionnaire pour s’assurer qu’elles sont bien sans logement au sens de la définition retenue aux fins de l’enquête. Les questions de sélection ont été mises au point dans le cadre de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance.

Les réponses aux questions de sélection permettent à une enquêteuse ou un enquêteur de déterminer s’il y a lieu de remettre le questionnaire à quelqu’un ou d’aider cette personne à le remplir. Chaque collectivité peut adapter ces questions de sélection pour inclure davantage de personnes dans l’enquête, si elles le souhaitent. L’enquêteuse ou l’enquêteur entame l’enquête en fonction d’une réponse affirmative à la question de sélection C.

Question de sélection A

Avez-vous déjà participé à cette enquête avec quelqu’un qui portait une étiquette d’identification comme celle-ci [montrer l’étiquette]?

  • Oui
  • Non

Les membres des équipes d’enquête devraient tous porter une étiquette d’identification (marquée de leur prénom seulement) sur laquelle figure le titre de l’enquête. Pendant la période de l’enquête, il est fort possible qu’une personne soit abordée par plusieurs équipes. Cette question vise à éviter que quiconque soit compté deux fois ou plus.

Question de sélection B

Acceptez-vous de participer à cette enquête?

  • Oui : passez à C
  • Non : Remerciez la personne et notez sur votre feuille de contrôle qu’elle a refusé de participer.

Question de sélection C

Où irez-vous ce soir pour passer la nuit?

  • Préfère ne pas répondre
  • Propre appartement/maison
  • Chez quelqu’un d’autre (ami ou famille)
  • Motel/hôtel
  • Hôpital, prison, centre de détention
  • Refuge d’urgence (ou dans un motel avec un bon), Refuge pour victimes de violence familiale
  • Logement de transition
  • Endroit public (trottoir, place, parc, forêt, abri d’autobus, etc.)
  • Véhicule (voiture, camionnette, véhicule récréatif, camion)
  • Abri de fortune, cabane ou tente
  • Immeuble abandonné/vacant
  • Autre endroit à l’extérieur (préciser) : ___________________________________________
  • Ne sait pas

Cette question est suivie d’une série de réponses possibles. Ce sera la réponse à cette question qui servira principalement à déterminer si une répondante ou un répondant est considéré être sans logement (sans abri ou en situation d’itinérance). Si l’enquête est menée de jour, ailleurs que dans un refuge, la question à poser sera plutôt « Où avez-vous passé la nuit dernière? »

E. Questions de base

Les questions de base de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement sont celles qu’utilise la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance, plus celles que prescrit le gouvernement provincial (des questions un jusqu’à 15, avec 11a en option). Ces questions peuvent tout aussi bien être utilisées pour un dénombrement ponctuel ou pour une enquête dans le cadre d’une semaine d’enregistrement.

1. (Reprendre les réponses données à la question de sélection C)

Où irez-vous ce soir pour passer la nuit? [Ceci est une question ouverte pour laquelle des réponses sont proposées.]

  • Préfère ne pas répondre
  • Propre appartement/maison
  • Chez quelqu’un d’autre (ami ou famille)
  • Motel/hôtel
  • Hôpital, prison, centre de détention
  • Refuge d’urgence (ou dans un motel avec un bon), Refuge pour victimes de violence familiale
  • Logement de transition
  • Endroit public (trottoir, place, parc, forêt, abri d’autobus, etc.)
  • Véhicule (voiture, camionnette, véhicule récréatif, camion)
  • Abri de fortune, cabane ou tente
  • Immeuble abandonné/vacant
  • Autre endroit à l’extérieur (préciser) : ___________________________________________
  • Ne sait pas

2. Au total, pendant combien de temps avez-vous été sans logement au cours de la dernière année? [meilleure estimation, en cas de doute]

  • ______ jours/semaines/mois
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

3. Au total, combien de fois différentes avez-vous été sans logement au cours de la dernière année? [meilleure estimation en cas de doute]

Nombre de fois _____ [inclut cette fois-ci]

  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

Parfois, une personne ne sait pas exactement combien de fois elle s’est trouvée sans logement. Pour les besoins de l’enquête, il suffit dans ce cas de donner la meilleure estimation possible.

4. Qu’est-ce qui a fait que vous avez perdu votre logement le plus récemment? [Ne pas lire les réponses possibles. Ceci est une réponse ouverte pour laquelle des réponses sont proposées. Cocher toutes les réponses applicables. « Logement » n’inclut pas les situations temporaires (p. ex. coucher sur un canapé chez différents amis ou de la famille) ni les séjours dans un refuge].

  • Maladie ou problème de santé
  • Dépendance ou consommation de drogues
  • Perte d’emploi
  • Incapable de payer le loyer ou l’hypothèque
  • Expulsion pour d’autres raisons (non financières)
  • Victime de mauvais traitements d’un : parent/tuteur
  • Victime de mauvais traitements d’un : conjoint/partenaire
  • Conflit avec : parent/tuteur
  • Conflit avec : conjoint/partenaire
  • Incarcération (prison ou centre de détention)
  • Hospitalisation ou programme de traitement
  • Situation de logement dangereuse
  • Autre raison : ___________________
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

Ceci est une question ouverte pour laquelle des réponses sont proposées. Choisissez la réponse la plus proche de la réalité. Ces réponses peuvent aider à savoir comment les gens se retrouvent sans logement dans la collectivité et à décider des meilleures solutions à ce problème (l’itinérance).

5. Quel âge avez-vous [OU] quelle est l’année de votre naissance? [meilleure estimation en cas de doute]

  • Âge (en années) : _________
  • Année de naissance : _________
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

Pour répondre à cette question, il suffit de donner l’âge ou l’année de naissance.

6. Est-ce que vous vous identifiez comme un Autochtone ou êtes‑vous d’ascendance autochtone? Cela inclut les Premières Nations, les Métis et les Inuits, avec ou sans statut. [si oui, préciser le groupe.]

  • Oui

Si la réponse est « oui », préciser :

  • Premières Nations
  • Inuits
  • Métis
  • Non-inscrit(e) / ancêtres autochtones
  • Non
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

7. Les personnes peuvent s’identifier comme appartenant à un groupe racial particulier. Par exemple, certaines personnes peuvent s’identifier comme Noirs ou Afro-Canadiens, d’autres comme Asiatiques ou Sud-Asiatiques, et d’autres comme Blancs. À quelle identité racialisée vous identifiez-vous? [Ne pas lire les catégories. Sélectionner toutes les réponses qui s’appliquent.]

  • Autochtone
  • Arabe
  • Asiatique (origine : Chine, Corée, Japon, etc.)
  • Asiatique du Sud-Est (origine : Vietnam, Cambodge, Malaisie, Laos, etc.)
  • Sud-Asiatique (origine : Inde, Pakistan, Sri-Lanka, etc.)
  • Asiatique occidental (origine : Iran, Afghanistan, etc.)
  • Noire ou Afro-Canadien(ne)
  • Philippin(e)
  • Hispanique/Espagnol(e) ou Latino-américain(e)
  • Blanc ou blanche / Euro-canadien(ne)
  • Autre (préciser)
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

8. À quel genre vous identifiez-vous? [Montrer la liste au répondant. Ne pas lire les catégories sauf si le répondant le demande.]

  • Homme
  • Femme
  • Bispirituel(le)
  • Femme transgenre
  • Homme transgenre
  • Intergenre/personne au genre non conforme
  • Non mentionné : ______________
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

Si vous aidez quelqu’un à remplir ce questionnaire, ne lui lisez pas cette liste. Si la réponse est « autre », il faut préciser.

9. Comment décrivez-vous votre orientation sexuelle, par exemple hétéro, gai, lesbienne? [Montrer la liste au répondant.]

  • Hétérosexuel(le)
  • Gai
  • Lesbienne
  • Bisexuel(le)
  • Bispirituel(le)
  • En questionnement
  • Allosexuel(le) (queer)
  • Autre : _______
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

10. Selon vous, dans quelle langue vous exprimez-vous le mieux?

  • Anglais
  • Français
  • Les deux
  • Ni l’une, ni l’autre (veuillez préciser) __________________________________________________
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

11. Quels sont les membres de votre famille qui sont avec vous cette nuit? [S’il s’agit d’une personne adulte qui participe aussi à l’enquête, préciser le numéro d’identification de son questionnaire. Cocher toutes les réponses applicables.]

  • Aucun membre de la famille
  • Partenaire (si cette personne participe aussi à l’enquête, préciser le numéro d’identification de son questionnaire)
  • Enfant(s) / Personne(s) à charge
  • Autre(s) adulte(s) (si cette ou ces personnes participent aussi à l’enquête, préciser le numéro d’identification de son ou de leur questionnaire)
  • Préfère ne pas répondre

11a. Renseignements complémentaires sur le ou les enfants et les personnes à charge, s’il y en a : (optionnel)

□ ENFANT(S)/PERSONNE(S) À CHARGE

1

2

3

4

5

[préciser le sexe/genre et l’âge pour chacun ou chacune]

SEXE/GENRE

ÂGE

Chaque questionnaire devrait avoir un numéro d’identification unique pouvant servir d’identificateur anonyme pour la répondante ou le répondant. Lorsque plusieurs personnes qui forment une famille participent à l’enquête, il faut noter sur le questionnaire de chacune d’elles le numéro du questionnaire des différents autres membres de la famille, après l’indication du lien familial (partenaire, parent, autre). Ceci permet de rassembler les données concernant une même famille et de se faire une idée de la taille de la famille.

12. Avez-vous déjà été militaire dans les Forces armées canadiennes ou gendarme dans la Gendarmerie royale du Canada (GRC)? (Forces armées inclut la Marine, l’Armée ou la Force aérienne du Canada)

  • Oui, militaire
  • Oui, gendarme
  • Non
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

13. Est-ce que vous considérez être dans l’une ou l’autre des situations suivantes :

a) Problème de santé chronique / aigu

  • Oui
  • Non
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

b) Handicap physique

  • Oui
  • Non
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

c) Dépendance

  • Oui
  • Non
  • Ne sait pas
  • Préfère ne pas répondre

d) Problème de santé mentale

□ Oui

□ Non

□ Aucune idée

□ Préfère ne pas répondre

14. Avez-vous déjà été dans une famille d’accueil ou dans un foyer de groupe?

□ Oui

□ Non

□ Ne sait pas

□ Préfère ne pas répondre

Si la réponse est « oui », c’était il y a combien de temps?

Réponse, en années : ________________

15. D’où provient votre argent? [Fournir des exemples au besoin. Sélectionner toutes les réponses qui s’appliquent.]

□ Emploi

□ Travail informel/indépendant (p. ex., récupération de bouteilles consignées, mendicité, etc.)

□ Assurance emploi

□ Aide sociale/aide au revenu

□ Prestations d’invalidité

□ Prestations pour personnes âgées (Régime de pensions du Canada/Sécurité de la vieillesse/Supplément de revenu garanti)

□ Prestations fiscales pour les enfants et la famille

□ Argent provenant de la famille ou d’amis

□ Autre source : _________________________________

□ Aucun revenu

□ Préfère ne pas répondre

Ceci est une question ouverte pour laquelle des réponses sont proposées, telles que l’emploi ou des activités indépendantes (p. ex., la récupération de bouteilles consignées), des prestations sociales ou encore les amis et la famille. Les réponses à cette question permettront de savoir quelles sont les formes de soutien dont bénéficient les personnes sans logement et celles dont elles ne profitent pas. Elles pourront par exemple montrer si les personnes âgées sans logement touchent ou non la Sécurité de la vieillesse ou le Supplément de revenu garanti.

16. Est-ce que cela fait moins d’un an que vous êtes à [nom de la collectivité]?

□ Oui

□ Non

□ Ne sait pas

□ Préfère ne pas répondre

Certaines collectivités connaissent une forte migration de personnes sans logement. À leur arrivée, ces personnes ne savent pas toujours où trouver ni comment obtenir les services dont elles ont besoin. Les réponses à cette question permettront à votre collectivité de recueillir des renseignements sur les nouveaux arrivants et leurs besoins.

17. Est-ce que vous avez immigré au Canada ou demandé le statut de réfugié dans ce pays au cours des cinq dernières années?

□ Oui, immigré

□ Oui, réfugié(e)

Si la réponse est « oui » (pour immigré ou réfugié(e)), répondre aussi à la question suivante :

Depuis combien de temps êtes-vous au Canada?

Durée : ___________ jours ½semaines ½mois½années

OU Date d’arrivée : le _____/_____________/_______

jour mois année

□ Aucune idée

□ Préfère ne pas répondre

□ Non

□ Ne sait pas

□ Préfère ne pas répondre

La plupart des immigrants et des réfugiés reçoivent de l’aide pour s’établir au Canada à leur arrivée. La présence d’un grand nombre de nouveaux arrivants parmi les personnes sans logement peut être signe d’un problème qu’il faudrait régler en amont, avec des organismes qui aident les immigrants et les réfugiés à s’établir au Canada, de manière à prévenir l’itinérance au sein de cette tranche de la population.

18. Avez-vous dormi dans un refuge d’urgence au cours de la dernière année/des douze derniers mois? [Si vous aidez quelqu’un à remplir ce questionnaire, donnez le nom de quelques refuges locaux à titre d’exemple]

□ Oui

□ Non

□ Ne sait pas

□ Préfère ne pas répondre

Les collectivités ont souvent des données complètes sur l’utilisation des refuges, mais peu d’information sur les personnes qui se trouvent sans logement et qui n’utilisent pas les refuges. Les réponses à cette question peuvent fournir des renseignements sur le nombre et les besoins de ces personnes. Si vous aidez quelqu’un à remplir ce questionnaire alors que vous menez l’enquête dans un refuge, cochez « Oui ».

F. Questions supplémentaires

Les questions de base servent à recueillir des renseignements démographiques sur la population des personnes qui se trouvent sans logement et des renseignements sur leur vécu. Le comité local responsable de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement aura toutefois souvent besoin de renseignements additionnels, d’où l’intérêt de réfléchir aux questions qui pourraient être ajoutées au questionnaire d’enquête. Il ne faut pas oublier que l’ajout de questions prolonge le temps à prévoir pour remplir le questionnaire. Il est préférable de ne pas créer de questionnaire d’une longueur telle que le remplir prendrait plus de 15 à 20 minutes. Lors d’enquêtes sur la prévalence au cours d’une période donnée menées jusqu’ici dans des collectivités du Nord de l’Ontario, répondre aux questions prévues a pris de 20 à 25 minutes (Kauppi, 2015).

L’Observatoire canadien sur l’itinérance (OCI) a élaboré, en consultation avec plusieurs collectivités, une série de questions qui pourraient être ajoutées à un questionnaire d’enquête local.

3.3 Préparer l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

3.3.1 Choisir un lieu pour le quartier général de l’enquête

Le choix de l’endroit où se situera le quartier général de l’enquête est crucial. Un partenaire communautaire pourra offrir l’usage de locaux à cette fin, ou alors le comité de coordination devra aller à la recherche de locaux appropriés, à la fois accessibles et disponibles aux dates et heures durant lesquelles l’enquête sera menée. Aux étapes préparatoires de l’enquête, ces locaux pourront aussi servir pour des activités telles que la tenue de réunions, la préparation des trousses d’enquête et le stockage de fournitures.

Les locaux du quartier général devraient inclure une aire sécurisée, par exemple une pièce séparée, munie d’une porte verrouillable, où ranger les questionnaires remplis (et les trousses d’enquête prêtes à utiliser). C’est là que les enveloppes contenant les questionnaires remplis seront ouvertes et leur contenu traité durant et après l’enquête. Selon la taille de la population locale des personnes sans logement, vous pourriez avoir intérêt à chercher une aire ou pièce assez grande pour pouvoir y mettre une longue table. Il faudra aussi prévoir des boîtes de rangement à cet endroit dans lesquelles mettre les questionnaires.

3.3.2 Recruter des bénévoles

Si le financement disponible suffit pour rémunérer toutes les personnes qui travaillent à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, il ne sera pas absolument nécessaire de recruter des bénévoles. Quoi qu’il en soit, les bénévoles peuvent toujours jouer un rôle utile dans le cadre de différentes activités liées à une telle enquête. La collaboration de bénévoles peut faciliter la couverture de la zone d’enquête ou la collecte de données sur une zone particulièrement étendue. Elle peut aussi contribuer à un meilleur soutien du reste de la collectivité. Enfin, elle peut réduire le temps de leur personnel et les autres ressources que les organismes partenaires consacrent à la collecte de données, ce qui leur permet de les réorienter vers d’autres aspects essentiels de l’enquête (tels que la planification, la coordination, la surveillance et le suivi).

Le processus de recrutement de bénévoles devrait s’appuyer sur des lignes directrices bien claires concernant les tâches qui pourront leur être confiées (p. ex., former d’autres bénévoles, solliciter des dons ou des commandites, collaborer aux activités de dénombrement ou encore à la saisie, à l’épuration ou vérification et au traitement des données). Il existe bon nombre de guides sur le recrutement de bénévoles, parmi lesquels celui, particulièrement utile, préconisé par l’organisme Calgary Homeless Foundation.[16]

Le recrutement de bénévoles peut se faire par des moyens divers, y compris la publication d’avis, d’annonces ou d’encarts libres, l’envoi de courriels d’invitation à se porter bénévoles, en communiquant directement avec des personnes susceptibles de pouvoir trouver des bénévoles ou encore par l’entremise d’un site Web créé pour les enquêtes locales sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, une page sur Facebook ou une autre forme de campagne dans le médias sociaux (voir par exemple l’annexe B : Affichage de poste bénévole/rémunéré). Un organisme partenaire aura peut-être un registre de bénévoles dont vous pourriez vous servir. Les activités de recrutement de bénévoles pourront viser des organismes et fournisseurs de services, des groupes confessionnels communautaires, des associations d’entreprises, des coalitions locales ou encore des employés du gouvernement. Il s’agit d’essayer dans la mesure du possible de recruter des bénévoles parmi le personnel de première ligne, le personnel des services d’approche et autres qui savent de première main comment se comporter vis-à-vis de personnes qui se trouvent sans logement. Une fois les bénévoles recrutés, il s’agit de leur communiquer la ou les dates auxquelles se tiendront la ou les séances de formation prévues à leur intention (voir l’annexe B1 : Modèle de courriel au personnel bénévole/rémunéré).

3.3.3 Constituer des équipes

Il convient de répartir les personnes recrutées pour mener l’enquête en un certain nombre d’équipes, les membres de chacune d’elles étant responsables du dénombrement dans la zone à laquelle l’équipe est affectée. Chaque équipe pourra compter entre deux et quatre membres, selon la nature de leurs responsabilités et la zone dans laquelle l’équipe travaillera. Par souci de diversité, la composition de chaque équipe devrait tenir compte des antécédents des personnes recrutées (p. ex., en termes de sexe/genre ou d’appartenance à un groupe culturel ou linguistique). Seront de préférence choisies comme chefs d’équipe les personnes qui ont de l’expérience préalable en termes de travail avec des personnes sans logement. Il ne faudra pas oublier que la composition des équipes pourra varier, en cas d’indisponibilité de certains membres. Il faudra faire preuve de souplesse au moment de planifier la constitution des équipes pour pouvoir procéder aux réaffectations nécessaires, le cas échéant.

L’affectation aux différentes équipes peut commencer durant les séances de formation. Il s’agit de faire attention à la composition des équipes, afin que celles-ci soient aussi diversifiées que possible sur le plan du sexe ou de l’identité de genre, de l’âge et des groupes culturels. Si les équipes d’enquête sont composées de seulement deux ou trois personnes, il sera peut-être impossible de veiller à ce qu’elles soient toutes diversifiées. Chaque équipe devrait inclure une personne qui a de l’expérience en matière d’enquêtes. Le porte-à-porte devrait être confié à des équipes de deux personnes seulement, vu qu’un groupe plus nombreux risquerait d’intimider ou d’effrayer les résidents. La composition des équipes doit être adaptée aux endroits où celles-ci seront déployées. Autre chose à garder à l’esprit est que la composition des équipes pourra varier en fonction de la disponibilité ou non de leurs membres. Il pourra s’avérer nécessaire de recruter des enquêteuses ou enquêteurs additionnels. De plus, certaines équipes devront être reconfigurées si jamais des problèmes interpersonnels se présentaient entre leurs membres. La résolution de ce type de problème pourra être confiée au comité de coordination.

3.3.4 S’assurer de la collaboration des Autochtones

La composition des équipes et les protocoles de prise de contact avec les personnes que vise l’enquête doivent être sensibles à la culture des Autochtones et à la réconciliation avec leurs peuples. Il s’agit d’associer les Autochtones à l’examen de la composition des équipes d’enquêteuses et d’enquêteurs, des protocoles d’enquête mis au point pour les différentes zones de la collectivité où le dénombrement aura lieu, de la formation des bénévoles et enfin, de la manière d’aborder les répondantes et répondants potentiels.

La recherche et l’inclusion de personnes autochtones sont une priorité lors du recrutement des enquêteuses et enquêteurs. Les équipes déployées dans des zones où elles ont de bonnes chances de rencontrer des Autochtones devraient inclure au moins une personne autochtone. Par ailleurs, les équipes chargées de mener l’enquête dans les locaux d’organismes qui servent une clientèle autochtone (tels que les centres d’amitié) devraient inclure des Autochtones : il s’agit d’en discuter avec les responsables d’un tel organisme ou au sein du comité de coordination. Au moment de décider de la rétribution ou du cadeau à offrir aux répondantes ou répondants à l’enquête en guise de remerciement, il convient de consulter les Autochtones pour s’assurer de faire des choix appropriés.

L’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement permet de recueillir des données comparables d’un lieu d’enquête à l’autre et du début à la fin de celle-ci. Il n’en reste pas moins important de veiller à ce que son approche soit équitable pour ce qui est de considérer et d’apprécier les idées des partenaires autochtones. L’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement est d’une souplesse suffisante pour permettre l’ajout à son questionnaire de questions portant sur d’autres sujets d’importance. Il s’agit de charger des personnes non-autochtones d’assurer la liaison avec les Autochtones et leurs communautés, de tisser des liens de réciprocité et de prévoir des gestes de restitution.

3.3.5 Formation

Les séances de formation des bénévoles devraient avoir lieu assez longtemps avant le début de l’enquête pour que toutes et tous puissent recevoir une formation appropriée avant d’aller sur le terrain. Par contre, il faut faire attention à ne pas les organiser trop longtemps à l’avance, pour s’assurer que tout le monde se souvienne encore de l’information transmise lors de ses séances quand vient le temps de la mettre en application. C’est pourquoi il est conseillé de former les bénévoles une à deux semaines avant le début de la période d’enquête. Il est possible de former les membres du personnel rémunéré et ceux du comité de coordination en même temps que les bénévoles. Il pourra s’avérer nécessaire d’organiser plus d’une séance de formation, selon le nombre de bénévoles à former et leur disponibilité.

Il est préférable que les bénévoles assistent aux séances de formation en personne. Ceci étant dit, dans les zones géographiques de grande étendue où la population est dispersée, il peut s’avérer nécessaire d’offrir la formation par voie de téléconférence ou de vidéoconférence basée sur le Web. Il est aussi possible d’opter pour l’approche de « formation des formateurs », si des bénévoles compétents et chevronnés peuvent s’en charger : cette solution peut être tout à fait satisfaisante s’il est possible d’associer quelqu’un qui n’a jamais fait ce type de bénévolat avec quelqu’un qui en a l’habitude.

La formation devrait porter sur tous les aspects de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité. La durée à prévoir pour ses séances est en général de trois heures, ce qui inclut du temps pour du jeu de rôle et des répétitions par groupes de deux. Les sujets que la formation devrait aborder sont les suivants :

  • Raison d’être de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, définition de ce que l’on entend par itinérance ou, en l’occurrence, « personne sans logement », et enfin, qui il s’agit de dénombrer dans le cadre de cette enquête et qui il convient d’exclure du dénombrement.
  • Renseignements sur la manière de communiquer avec les membres du comité de coordination et sur les circonstances dans lesquelles il faut absolument transmettre certains renseignements à ce comité.
  • Questions d’éthique, y compris le respect de la vie privée des répondantes ou répondants et la confidentialité, avec un examen de la politique pertinente (voir l’annexe C : Politique et entente de confidentialité). La formation sur les questions de confidentialité est abordée plus en détail un peu plus loin.
  • La sensibilité et la sécurité culturelles.
  • Les fournitures requises et fournies.
  • Les dates de début et de fin de l’enquête, les cartes à utiliser pour la collecte de données et les zones dont chacune des équipes d’enquête sera responsable (autrement dit, le quand et comment du dénombrement).
  • Le formulaire de consentement, s’il est utilisé (voir un modèle à l’ l’annexe D : Modèle de lettre d’information/formulaire de consentement à participer à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée).
  • Rétribution et cadeau prévus, le cas échéant (voir l’annexe E : Modèle de reçu).
  • Outil ou outils de recensement (autrement dit, le ou les questionnaires d’enquête).
  • Efforts pour dénombrer des groupes précis (p. ex., les jeunes, les anciens militaires ou vétérans, les familles, les personnes sans abri – sans logement – de façon chronique ou encore les personnes qui logement dans des camps).
  • Comment s’habiller/Quoi porter (p. ex., des vêtements appropriés sur l’extérieur desquels est affixée l’étiquette d’identification, des chaussures confortables et pas de bijoux).
  • Rôles et responsabilités, jeu de rôles et répétitions par groupes de deux.
  • Nécessité d’adopter une démarche uniforme pour aborder les répondantes ou répondants potentiels, les sélectionner, les recruter pour l’enquête et leur faire remplir le questionnaire ou les aider à le remplir.
  • Protocoles de sécurité et insistance sur l’importance cruciale de les respecter (voir l’annexe F : Modèle de protocole de sécurité).[17]
  • Présentation des données/de rapports, protocoles et pratiques de débreffage.
  • Possibilités additionnelles d’aider avec la saisie, l’épuration et le traitement des données, de même qu’avec la diffusion des résultats de l’enquête.

Annexe G : Modèle defournit un modèle de programme d’une séance de formation.

Il faut rassembler tous les documents et les fournitures nécessaires avant le déroulement d’une séance de formation. Le ou les questionnaires d’enquête devront être entièrement prêts, de manière à pouvoir les passer en revue durant la séance. Il faudra en prévoir en nombre suffisant, y compris la documentation à distribuer concernant l’éthique et la collecte de données auprès de personnes vulnérables, les dépliants, lettres d’information, formulaires de consentement et questionnaires. Tous ces documents sont à regrouper en un exemplaire chacun dans une pochette pour chaque enquêteuse et enquêteur.

La formation devrait prévoir la distribution des formulaires de confidentialité aux personnes présentes et leur collecte une fois qu’elles les ont signées. Elle devrait par ailleurs porter sur les activités liées à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée et les protocoles s’y rapportant; les rôles et responsabilités des différentes personnes collaborant à l’exécution de l’enquête; et enfin, l’éthique de la collecte de données, y compris la confidentialité et les limites de celle-ci.

Une excellente ressource pour quiconque collabore à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée est le livre publié (en anglais seulement) en 2007 par Pranee Liamputtong, Researching the Vulnerable, dans lequel elle aborde différents sujets liés à une variété de sous-groupes, y compris les Autochtones.[18] La lecture des chapitres 3 et 4 pourrait s’avérer particulièrement utile. On y parle d’approches pour surmonter d’éventuels obstacles (p. ex. linguistiques) à la participation de répondantes ou répondants francophones ou membres d’autres minorités.

3.3.6 Éthique et confidentialité

Vu l’obligation de préserver le caractère confidentiel des renseignements recueillis dans le cadre d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, il est important que toutes les personnes qui collaborent à cette enquête lisent et signent une entente de confidentialité qui énonce leurs responsabilités (voir l’annexe C : Politique et entente de confidentialité).

Si des personnes employées par une université collaborent à l’enquête, le conseil d’éthique de la recherche de leur établissement exigera que le consentement éclairé à la collecte des données soit obtenu des répondantes et répondants. Par ailleurs, certains organismes communautaires ont aussi leur propre comité d’éthique. Pour obtenir le consentement éclairé des répondantes et répondants, les personnes qui mènent l’enquête devront leur fournir les renseignements pertinents nécessaires à une décision de participer à l’enquête ou de ne pas y participer. Enfin, les enquêteuses et enquêteurs devront aussi déterminer si une personne à laquelle la participation à l’enquête est proposée a la capacité cognitive de peser le pour et le contre d’un éventuel consentement.

La participation à l’enquête est absolument volontaire, ce dont il est important de se souvenir au moment d’aborder des personnes sans logement qui risquent de croire qu’elles doivent consentir à y participer pour obtenir des services ou peut-être un cadeau de participation. Il faut prendre garde à éviter toute forme de coercition.

Limites de la confidentialité

Les limites de la confidentialité ne sont pas simples, ni pour les personnes qui mènent une enquête, ni pour celles qui y participent. Il est peu probable que les enquêteuses ou enquêteurs soient amenés à devoir expliquer ces limites à une personne invitée à participer à l’enquête, ce qu’il convient de leur rappeler. Toutefois, vu qu’il se pourrait qu’ils ou elles se trouvent un jour en face de quelqu’un qui présente un risque pour sa propre personne ou pour autrui, il est important de leur expliquer comment gérer ce type de situation.

L’éthique demande que les personnes invitées à participer au sondage soient informées à l’avance de l’obligation de signaler certaines situations. L’énoncé suivant qui peut être utilisé à cet égard est la traduction de celui qui a été retenu pour une étude sur l’itinérance familiale à Timmins, en Ontario :

Vos réponses à l’enquête resteront confidentielles. Toutefois, si elles contiennent de l’information qui laisse croire que vous courez un risque immédiat de vous faire du mal ou de faire du mal à quelqu’un d’autre, ou encore qui donne raisonnablement à penser que votre enfant est victime de violence, de négligence ou d’autres mauvais traitements, je serai dans l’obligation d’en informer les autorités appropriées. Dans pareil cas, je vous le dirai avant d’avertir qui que ce soit.

En règle générale, ce type d’énoncé ne sera pas nécessaire. Toutefois, si des renseignements sont portés à votre connaissance qui révèlent un risque pour un enfant, vous devez signaler le besoin de protection de cet enfant.[19] Cette obligation de signalement devrait être abordée dans le cadre de la formation prévue pour l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, de sorte que toutes les personnes qui y collaborent en aient conscience.

Comment aborder les personnes qui se trouvent sans logement

Un autre sujet qu’il convient de traiter durant les séances de formation, c’est la sensibilité dont il faut faire preuve au moment d’aborder une personne sans logement et de lui proposer de participer à l’enquête. Il est indispensable de faire preuve de respect aux répondantes et répondants potentiels et d’adopter une attitude libre de tout jugement au moment de les aider à remplir le questionnaire ou de leur poser ses questions. Vous pourriez distribuer un feuillet aux personnes qui participent à l’enquête, leur rappelant l’importance du respect, en plus de leur faire une présentation sur le sujet. Savoir mener des entrevues de qualité s’apprend et la collaboration, en tant que bénévole ou membre du personnel temporaire rémunéré, à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité renforcera les compétences s’y rapportant.

3.3.7 Liste de ressources pour distribution

Vous feriez peut-être bien de compiler une liste de ressources et de la distribuer aux répondantes et répondants. Cette liste pourra inclure les coordonnées des différents types de services disponibles dans la collectivité. Elle pourra aussi inclure les numéros 1 800 de services offerts en Ontario qui ne sont pas disponibles dans la collectivité même. Vous pourriez classer les ressources énumérées en différentes catégories, sous des têtes de rubrique telles que santé, santé mentale, services d’urgence ou de crise, alimentation et hébergement.

3.3.8 Impression des documents et préparation des trousses d’enquête

Les trousses d’enquête contiennent des lettres d’information, des guides à l’intention des fournisseurs de services qui acceptent de recueillir des renseignements auprès de leur clientèle aux fins de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée (voir un modèle de guide à l’Annexe H : Guide à l’intention des fournisseurs de services), des formulaires de consentement, des questionnaires et des enveloppes. Tous les documents devront être imprimés bien à l’avance du premier jour de l’enquête et les trousses devront être assemblées de manière à pouvoir être distribuées aux équipes d’enquêteuses et d’enquêteurs. Imprimer les divers documents sur du papier de couleurs différentes facilitera l’administration de l’enquête sur le terrain. Encadré 4 : Préparation des enveloppes pour les formulaires de consentement et les cadeaux ou rétributions propose différentes couleurs de papier d’imprimerie à utiliser pour les lettres d’information, les formulaires de consentement, les questionnaires et les reçus, puis explique comment rassembler ces pièces.

Le nombre de copies des documents requis sera (deux ou trois fois) supérieur au nombre de questionnaires remplis par les répondantes et répondants. Imprimer des copies additionnelles à l’avance est plus efficace que de se retrouver à court de documents en cours d’enquête, vu qu’une pénurie risquerait d’entraver la collecte de données. Malgré le nombre excédentaire de trousses d’enquête préparées, il est difficile de savoir combien il en faudra exactement. Un sous-comité du comité de coordination devrait se tenir prêt à imprimer d’autres copies, puis à les rassembler dans des enveloppes et à les distribuer aux équipes sur le terrain, en cas de besoin.

Il est préférable de numéroter les questionnaires et les enveloppes à l’avance. Le même numéro (en ordre croissant à partir de 1) doit être attribué à un questionnaire et à la grande enveloppe dans laquelle il sera inséré. Les documents d’enquête (formulaire de consentement et questionnaire) peuvent être réunis avec un trombone avant d’être placés dans une grande enveloppe (de 9 x 12 po.). S’il est prévu de remettre une carte-cadeau ou un don en argent aux répondantes et répondants, un reçu peut être pareillement joint à la carte ou au billet de banque avec un trombone, avant d’insérer ces articles dans une enveloppe plus petite (p. ex., de 5 x 7 po.), avec une copie de la lettre d’information. La plus petite enveloppe contenant la carte-cadeau ou le billet de banque et son reçu, de même qu’une copie de la lettre d’information, sont ensuite à insérer dans la plus grande enveloppe. Les documents sur lesquels figure une signature ou tout autre élément qui pourrait permettre d’identifier une répondante ou un répondant pourront êtres séparés du contenu de la grande enveloppe plus tard durant le traitement des données, afin de préserver le caractère confidentiel des renseignements recueillis. L’Encadré 4 : Préparation des enveloppes pour les formulaires de consentement et les cadeaux ou rétributions, explique comment assembler les trousses d’enquête.

Encadré 4 : Préparation des enveloppes pour les formulaires de consentement et les cadeaux ou rétributions

Contenu d’une enveloppe de 9 x 12 po. :

  • Formulaires de consentement (papier jaune)
  • Questionnaire (papier vert)
  • Reçu pour le cadeau (papier bleu)
  • Petite enveloppe (5 x 7 po.) contenant une carte-cadeau à laquelle est jointe son reçu (papier bleu), de même qu’une copie du formulaire de consentement et de la lettre d’information (papier blanc)

Instructions pour les enquêteuses et enquêteurs :

  1. La répondante ou le répondant comprend ce qui lui est proposé et signe le formulaire de consentement (jaune); mettre un simple X ou un nom de rue à l’endroit prévu pour sa signature est acceptable.
  2. Il ou elle remplit le questionnaire (vert), avec ou sans aide.
  3. Placez le questionnaire rempli (vert) et le formulaire de consentement signé (jaune) dans la grande enveloppe.
  4. Sortez la petite enveloppe de la grande et retirez-en la carte-cadeau ou le billet de 5 $ et le reçu (bleu) qui y est joint.
  5. Demandez à la répondante ou au répondant de signer le reçu, même avec un simple X ou un nom de rue.
  6. Placez le reçu signé (bleu), avec le formulaire de consentement signé (blanc) et le questionnaire rempli (vert) dans la grande enveloppe.
  7. Cachetez la grande enveloppe.
  8. Remettez à la répondante ou au répondant la carte-cadeau ou le billet de 5 $ et la petite enveloppe (qui contient une copie non signée du formulaire de consentement et de la lettre d’information).
  9. Gardez toutes les enveloppes dans un lieu sûr (p. ex., dans un sac à dos) en attendant soit que la coordonnatrice ou le coordonnateur de projet ou encore son adjointe ou adjoint passe les prendre, soit qu’elles soient ramenées au quartier général de l’enquête.

L'Encadré 5 : Fournitures pour les enquête énumère les fournitures à remettre aux équipes d’enquête et les choses à leur rappeler. Ranger les fournitures dans un sac à dos et les remettre aux enquêteuses et enquêteurs permet de s’assurer qu’ils ou elles auront tout ce qu’il leur faut pour accomplir leur tâche. Au quartier général, les fournitures devront être rangées et organisées de manière à faciliter et accélérer le réapprovisionnement des équipes d’enquêtes, en cas de besoin.

Remplir les sacs à dos à l’avance permettra aux enquêteuses et enquêteurs de se familiariser avec leur contenu. Les étiquettes d’identification peuvent aussi être produites à l’avance. Demandez aux enquêteuses et enquêteurs de porter leur étiquette d’identification sur un fil autour du cou, bien en vue par-dessus leurs vêtements, surtout par temps froid, quand ces derniers sont épais. Chaque étiquette portera le prénom d’une personne, suivi de son rôle (enquêteuse ou enquêteur) en grosses lettres d’imprimerie. Les organisateurs de certaines enquêtes passées avaient prévu des articles d’habillement distinctifs pour toutes leurs équipes sur le terrain, pour bien montrer qu’elles menaient l’enquête. C’est une option envisageable si les moyens le permettent.

Encadré 5 : Fournitures pour les enquêteuses et enquêteurs

Une façon bien pratique de remettre aux enquêteuses et enquêteurs les fournitures qu’il leur faut est de les ranger dans un sac à dos, où elles peuvent être réparties dans différents compartiments. L’utilisation de sacs à dos permet aussi aux équipes d’enquête d’emporter les fournitures sur le terrain tout en gardant les mains libres.

Le remplissage des sacs à dos peut se faire à l’avance, afin de s’assurer de ne rien oublier. Voici les fournitures à mettre dans ces sacs :

  • Des cartes qui montrent les zones dont chaque équipe est responsable (chaque zone pourrait y être délimitée d’une couleur différente associée à l’équipe chargée d’y mener l’enquête).
  • Une série de formulaires de consentement, de questionnaires et d’enveloppes préparées à l’avance, rassemblés en paquets de trois articles.
  • Une série de feuilles d’instructions.
  • Les coordonnées de membres désignés du comité de coordination ou un numéro central à appeler pour toutes questions et en cas d’urgence.
  • Une série de feuillets qui énumèrent les services disponibles dans la collectivité, pour distribution aux répondantes et répondants.
  • Des fournitures pour les équipes elles-mêmes : des lampes de poche en bon état de fonctionnement; des planchettes à pince, des stylos et des crayons, de même que les étiquettes d’identification à porter bien en vue, par-dessus les vêtements.
  • Un aide-mémoire pour les enquêteuses et enquêteurs : porter des vêtements appropriés (simples, sans bijoux), une veste ou un manteau adapté à la saison et météo, des chaussures confortables, un couvre-tête, un foulard et des gants, au besoin; apporter un téléphone cellulaire avec du temps d’appel restant et une bouteille d’eau.

Cette section décrit en détail les différentes tâches qu’il faut accomplir avant l’étape d’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité et explique en détail comment traiter les données que celle-ci permet de recueillir.

3.3.9 Élaboration de plans et de stratégies pour le débreffage des enquêteuses et enquêteurs

L’élaboration de plans de débreffage constitue un aspect important de toute enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. Il est fort possible qu’en cours d’enquête, les équipes sur le terrain soient confrontées à des situations troublantes auxquelles elles ne sont pas habituées. Vu que l’entente de confidentialité leur interdit de parler d’incidents ou de faits précis à des personnes extérieures à l’enquête, les enquêteuses et enquêteurs pourront avoir besoin d’un débreffage avec quelqu’un à l’interne. La coordonnatrice ou le coordonnateur de l’enquête ou un membre du comité de coordination devrait se tenir disponible à cette fin. Les séances de débreffage peuvent être planifiées à l’avance, pour s’assurer que les enquêteuses et enquêteurs puissent y assister. Une autre solution envisageable est de former les chefs d’équipe à débreffer les autres membres de leur équipe.

3.3.10 Gestion des rétributions ou autres incitatifs

S’il est prévu de remettre une rétribution ou un cadeau aux répondantes et répondants, il pourra s’avérer nécessaire de prendre des mesures de responsabilisation à leur égard. Cet aspect d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut être aisément géré en suivant les consignes données à l’encadré 4 : Préparation des enveloppes pour les formulaires de consentement et les cadeaux ou rétributionsplus haut. Les séances de formation devront insister sur l’importance de gérer les ressources consacrées à l’enquête de façon responsable.

3.3.11 Mise au point d’un horaire pour coordonner les activités de chaque équipe

Il est important de mettre au point un horaire pour organiser le travail des enquêteuses et enquêteurs. Pour cela, il faut commencer par se renseigner sur la disponibilité de toutes les personnes qui collaboreront à l’enquête. Il existe des outils gratuits en ligne, tels que Doodle Polls (doodle.com – en anglais seulement) qui peuvent faciliter la création d’un horaire. Le nombre de zones au sein desquelles il s’agit de procéder au dénombrement déterminera le nombre d’équipes d’enquête à prévoir.

Selon leur disponibilité, les équipes peuvent être constituées pour des quarts de travail différents. Il faut par ailleurs se préparer à reconstituer les équipes à un moment ou à un autre. Une façon de faciliter l’affectation de remplaçantes ou de remplaçants, s’il y a lieu, est de désigner des chefs d’équipe et de les rendre responsables de la communication à qui se doit des changements au niveau de la disponibilité des membres de leur équipe. Les enquêteuses et enquêteurs doivent être sensibilisés à l’importance de prévenir leur chef d’équipe s’ils savent qu’ils vont avoir un empêchement.

3.3.12 Repérage des questionnaires faisant double emploi

La meilleure façon d’éviter de compter la même personne deux ou plusieurs fois est de recueillir sur chaque questionnaire des données qui permettront de savoir si une personne a déjà participé à l’enquête. Tel qu’expliqué plus haut (C. Identifiants uniques), les données qui permettent de procéder par la suite à une déduplication, au besoin, sont les initiales du prénom et du nom de famille, la date de naissance exacte et le sexe ou l’identité de genre. Il est possible de combiner ces variables pour arriver à un identifiant unique et anonymisé. Une manière de procéder à cette déduplication est expliquée plus bas. Durant l’enquête, les enquêteuses et enquêteurs doivent garder à l’esprit l’importance de recueillir ces données. Si elles ne figurent pas sur un questionnaire d’enquête, celui-ci sera inutilisable, parce qu’il sera impossible d’établir par la suite si le répondant ou la répondante avait déjà été compté par une autre équipe.

Il se peut que certaines personnes veuillent participer au sondage plus d’une fois, pour pouvoir obtenir plus d’une fois le cadeau ou autre rétribution distribué aux répondantes et répondants pour leur participation. La remise de cadeaux ou de rétributions peut faciliter les efforts de recrutement, vu qu’elle constitue une forme de remerciement pour le temps et l’information que les répondantes et répondants apportent à l’enquête. Toutefois, pour éviter que qui que ce soit réponde au questionnaire plus d’une fois, il est très important d’y recueillir les données qui permettront de créer un identifiant unique pour chaque personne.

3.3.13 Gestion des données

L’élaboration d’un système pour rassembler les données dans des enveloppes qui sont cachetées une fois qu’un questionnaire rempli y est versé peut aider à garantir la confidentialité des renseignements recueillis. Sur le terrain, les enquêteuses et enquêteurs font remplir ou aident à remplir les questionnaires, puis versent ceux-ci dans une enveloppe qu’ils ou elles ferment en les collant et rangent dans un sac à dos. Une bonne pratique consiste à charger une coordonnatrice ou un coordonnateur de l’enquête, ou encore une adjointe ou un adjoint, de passer d’un lieu d’enquête à un autre pour prendre les enveloppes cachetées, les entreposer dans un véhicule verrouillé, et de les livrer périodiquement au quartier général de l’enquête. Il est indispensable de prendre toutes les précautions possibles pour assurer la confidentialité et la sécurité des données recueillies.

4. Exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

Cette section explique les différents aspects de l’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité. Elle décrit les activités et les tâches qui doivent être accomplies durant la période d’enquête.

4.1 Activités accomplies au préalable

Bien avant le début de l’enquête, le comité de coordination, où siègent des représentantes et représentants des partenaires communautaires locaux comme des partenaires autochtones, aura décidé de la date de ce début au même titre que de la date à laquelle l’enquête prendra fin, de même que des heures de la journée durant lesquelles l’enquête se déroulera, des locaux de prestation de services où elle aura lieu, et enfin, de l’emplacement des postes de liaison. Il aura par ailleurs déjà obtenu des cartes des zones sur lesquelles portera le dénombrement des personnes sans logement, sur lesquelles différents secteurs seront délimités et numérotés dans des couleurs également utilisées pour identifier les équipes respectives qui seront chargées d’y mener l’enquête.

La formation du personnel aura abordé les questions relatives à la collecte de données auprès de personnes vulnérables, de même qu’à l’obligation de confidentialité. Une liste de ressources à distribuer aux répondantes et répondants aura été compilée sur laquelle figurent des renseignements sur les services disponibles, notamment en matière de santé et de santé mentale, d’intervention en cas d’urgence ou de crise, d’alimentation et de logement.

Le choix des locaux des fournisseurs de services où l’enquête aura lieu est fait. Les organismes en question ont autorisé la présence dans leurs locaux des enquêteuses et enquêteurs durant la période d’enquête et ceux qui sont prêts à laisser des membres de leur personnel collaborer au dénombrement sont connus. Les équipes d’enquête pourront être présentes aux activités organisées par l’organisme durant la période d’enquête, telles que la distribution de repas, des cliniques ou des divertissements et placer une table sur les lieux.

La possibilité d’organiser, durant la période d’enquête, des événements spéciaux aisément accessibles aux personnes sans logement a été explorée. Pareil événement comporte souvent la distribution de nourriture ou d’autres activités susceptibles d’attirer des personnes dans cette situation.

À ce stade, le comité de coordination a trouvé quelqu’un pour tous les postes à combler, notamment celui de coordonnatrice ou coordonnateur et celui d’adjointe ou d’adjoint de coordination du projet, de même que les chefs et les membres des équipes. La documentation est prête et tout le monde qui collabore à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité en a reçu une copie et a bénéficié de la formation requise pour s’acquitter de ses tâches en rapport avec l’enquête.

Une séance de formation a permis aux membres des équipes d’enquête de s’exercer à mener des entretiens. Les enquêteuses et enquêteurs comprennent les protocoles qu’il convient de respecter sur le terrain et connaissent le quartier général de l’enquête, savent comment s’y rendre et savent comment atteindre les zones où le dénombrement des personnes sans logement leur a été confié. Un horaire a été mis au point pour organiser leur travail, qui prévoit aussi des séances de débreffage pour les enquêteuses et les enquêteurs.

4.2 Les activités d’enquête sur le terrain et les protocoles à respecter à leur égard

Toutes les équipes doivent se présenter au quartier général de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée pour l’exécution du dénombrement qui lui a été confié le premier jour de la période d’enquête et chacun des autres jours de celle-ci. Autrement dit, les enquêteuses et enquêteurs ne doivent pas se rendre directement dans la zone à laquelle ils ou elles ont été affectés et commencer à recueillir des données. En venant d’abord au quartier général, les enquêteuses et enquêteurs pourront retrouver les autres membres de leur équipe et récupérer les sacs à dos qui contiendront les fournitures nécessaires pour leur quart de travail. Ensuite, chaque équipe se rend au premier endroit prévu à son horaire pour la journée, qu’il s’agisse d’un lieu en plein air ou des locaux d’un fournisseur de services.

Sur place, l’équipe d’enquête doit trouver, aborder, sélectionner et recruter des répondantes et répondants pour l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement. Une formation de qualité est indispensable pour garantir que les équipes d’enquête soient capables de reconnaître les personnes qui répondent à la définition de l’itinérance ou de ce qui constitue une personne sans logement. Les enquêteuses et enquêteurs doivent se sentir à l’aise d’aborder ces personnes et de leur proposer une participation à l’enquête. Leur formation leur aura suggéré des façons d’aborder les gens en toute sécurité, tout en leur témoignant du respect. Ils et elles savent quoi faire si quelqu’un ne veut pas être dérangé ou refuse de répondre à certaines questions. Il leur incombe de faire de leur mieux pour mener l’enquête de façon uniforme et ainsi dénombrer les personnes qui se trouvent sans logement dans les zones auxquelles leur équipe a été affectée.

En plein air, il peut être plus difficile d’aborder les gens que dans les locaux d’un fournisseur de services. Les enquêteuses et enquêteurs qui ont l’habitude d’interagir avec des personnes sans logement ou de leur fournir des services ont intérêt à prendre les devants pour cette activité et à laisser les autres membres de l’équipe les observer et apprendre comment faire. De plus, les équipes d’enquête devraient pouvoir compter sur le soutien et les conseils de membres du personnel de fournisseurs de services qui sont chevronnés en la matière (et notamment des personnes qui font du travail de proximité). Les enquêteuses et les enquêteurs doivent connaître les protocoles de sécurité et les suivre à la lettre. Leur formation doit garantir leur sécurité en tout temps et les avoir préparés à savoir quoi faire si jamais un risque pour leur sécurité devait se présenter.

Les équipes d’enquête seront aussi affectées aux locaux de fournisseurs de services qui auront autorisé à l’avance leur venue aux fins de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement. Elles agiront conformément aux arrangements pris avec les organismes en question en ce qui concerne par exemple l’installation de tables ou tout autre réaménagement des locaux pour les besoins de l’enquête. La mise en place de panneaux signalant le déroulement de l’enquête sur les lieux facilitera le recrutement de répondantes et de répondants.

Chez certains fournisseurs de services, la venue des équipes d’enquête pourra être perçue comme une intrusion et il se peut que les enquêteuses et enquêteurs se voient refuser l’accès aux locaux pour des raisons de confidentialité ou autres. Ailleurs, les membres du personnel collaboreront activement au dénombrement, et les membres de l’équipe d’enquête devront leur offrir supervision et soutien. La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet, ou encore son adjointe ou adjoint, devrait passer sur les lieux de temps en temps pour voir si les enquêteuses et enquêteurs ont besoin de quoi que e soit, qu’il s’agisse de renseignements, de fourniture ou d’une aide quelconque.

La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet et son adjointe ou adjoint circuleront entre les différents lieux d’enquête et se tiendront disponibles pour offrir leur assistance, résoudre d’éventuels problèmes, livrer des fournitures additionnelles et ramasser les enveloppes contenant des formulaires d’enquête remplis, selon les besoins. Un lieu sécurisé (p. ex., au quartier général de l’enquête) servira à stocker aussi bien les questionnaires remplis que les trousses d’enquête prêtes à être utilisées.

Les journées durant lesquelles se déroule l’enquête sont très affairées pour le comité de coordination, la coordonnatrice ou le coordonnateur de projet, son ou ses adjointes ou adjoints et les équipes d’enquête. La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet et son ou ses adjointes ou adjoints devront avoir accès à un moyen de transport pour pouvoir circuler entre les lieux d’enquête, ramasser et livrer du matériel et des fournitures, ou encore intervenir en cas de problèmes pour les régler. Les principaux responsables du comité de coordination doivent se tenir disponibles pour fournir du soutien et prendre des décisions en cas de difficultés. Ces difficultés peuvent prendre la forme de situations où les membres d’une équipe réalisent qu’une personne sans logement est dans une mauvaise passe et a besoin d’aide, ou que quelqu’un cherche à participer à l’enquête plusieurs fois pour obtenir plus d’un cadeau de remerciement ou encore qu’une adolescente ou un adolescent de moins de 16 ans souhaite participer à l’enquête. Même si ces situations auront pour l’essentiel été abordées durant les séances de formation, sur le terrain, il pourra arriver que les enquêteuses et enquêteurs aient besoin d’aide pour savoir quoi faire.

4.3 Exécution de l’enquête de porte à porte

Exécuter l’enquête de porte à porte dans certains quartiers d’une collectivité peut être un moyen précieux de recueillir des renseignements sur l’itinérance cachée et sur les antécédents d’itinérance des résidents de ces quartiers. Dans les collectivités où peu de services sont disponibles, l’exécution de porte à porte de l’enquête sur la prévalence des personnes sans logement dans la collectivité peut même être de la plus haute importance. Le porte à porte permet aussi d’obtenir des renseignements sur les conditions de vie de la population locale qui ne seraient pas autrement accessibles. En effet, les enquêteuses et enquêteurs qui vont de porte à porte sont en mesure de se faire une idée de première main de la façon dont les gens vivent dans les quartiers visités.

Stratégie d’échantillonnage

Il est possible d’utiliser les cartes existantes de la collectivité pour produire un échantillonnage systémique des zones géographiques sur lesquelles doit porter l’enquête. Ces zones peuvent aussi être sectionnées par ordre numérique et sélectionnées à l’aide d’un échantillonnage aléatoire. Une autre possibilité est d’utiliser un échantillonnage basé sur certains critères pour sélectionner les zones et les quartiers à faible revenu. Enfin, plusieurs méthodes peuvent être combinées pour arriver à un échantillonnage aléatoire des quartiers, tout en arrivant à un suréchantillonnage des zones à faible revenu fondé sur la présomption d’une plus grande probabilité de risque d’itinérance dans ces zones.

Il est possible d’avoir ensuite recours à une méthode d’échantillonnage en grappes, de manière à obtenir d’abord un échantillonnage aléatoire des sections et ensuite un échantillonnage systématique des résidences dans chaque section prise en compte aux fins de l’enquête (les unités d’échantillonnage sont des résidences individuelles). Dépendamment de la taille de la collectivité, environ 25 % de ses rues résidentielles devraient constituer un échantillon suffisant pour les besoins d’une enquête de porte à porte sur la prévalence des personnes sans logement au sein de sa population locale.[20]

Une équipe d’adjointes et d’adjoints devra avoir été formée à la coordination de la collecte de données de porte à porte qui aura idéalement lieu en parallèle avec la collecte de données fondée sur les lieux de prestation de services. Il est toutefois acceptable de poursuivre l’enquête de porte à porte sur une durée plus longue, pourvu que les données recueillies incluent celles qui seront nécessaires à une déduplication ultérieure des questionnaires remplis. Le dénombrement au sein d’une section sera effectué par deux enquêteuses ou enquêteurs travaillant ensemble. Les équipes d’enquête se verront confier la responsabilité d’interroger les ménages au sein d’un échantillon systématique prédéterminé, par exemple ceux qui occupent chaque quatrième habitation le long d’une rue ou chaque quatrième logement dans un immeuble.

Marche à suivre

Un des deux membres de l’équipe présente la raison d’être de l’enquête et les considérations éthiques (p. ex., le fait que la participation est volontaire, qu’un retrait est possible à tout moment ou encore que les réponses seront anonymes et confidentielles). Si la personne qui a accueilli l’équipe accepte d’en savoir plus, il s’agit de lui remettre la lettre d’information qui explique l’enquête et les principes éthiques, contient les coordonnées des responsables de l’enquête et s’accompagne d’un formulaire de consentement. L’une des enquêteuses ou l’un des enquêteurs mène ensuite l’enquête, tandis que l’autre peut noter l’adresse et des renseignements démographiques de base concernant la répondante ou le répondant (p. ex., son sexe et son âge). La répondante ou le répondant pourra être invité à dire s’il héberge, ou si elle héberge, quelqu’un qui répond à la définition de « personne sans logement ». Le même outil d’enquête – autrement dit, questionnaire – doit être utilisé de porte à porte que dans les autres lieux de dénombrement, que ce soit dans les locaux d’un fournisseur de services ou ailleurs, de manière à bien recueillir les mêmes données démographiques sur les personnes en situation d’itinérance cachée que sur les autres personnes sans logement. Le taux de réponse aux enquêtes de porte à porte menées préalablement dans le Nord de l’Ontario s’est fixé à 62 %. Les femmes sont plus nombreuses à ouvrir la porte que les hommes et à accepter de participer à l’enquête.

4.4 Suivi du déroulement de l’enquête

Suivi, remplacements et résolution de problèmes

La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet et son ou ses adjointes ou adjoints de coordination doivent s’attendre à être extrêmement affairés durant la période prévue pour le déroulement de l’enquête. Leurs quarts de travail seront consacrés à des visite les lieux d’enquête, au suivi du déroulement de celle-ci par l’entremise de débreffages avec les équipes, à la livraison de fournitures et au ramassage des enveloppes contenant les formulaires remplis. Comme il pourra arriver que des enquêteuses ou enquêteurs aient des empêchements en cours d’enquête, il est bon de prévoir plus de personnel qu’absolument nécessaire, de manière à disposer de remplaçantes et de remplaçants en cas de besoin imprévu.

La nécessité de résoudre des problèmes pourra aussi se présenter. S’il est peu probable que ces problèmes soient sérieux, le fait est qu’aborder et recruter des personnes sans logement pourra causer des difficultés, tout comme des problèmes interpersonnels pourront surgir entre enquêteuses et enquêteurs ou encore des imprévus se présenter sur les lieux d’enquête. La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet et les membres du comité de coordination devraient se tenir prêts à recevoir des appels ou des textos les obligeant à intervenir. La météo pourra aussi créer des problèmes en cas de canicule, de grand froid ou de forte pluie. Les décisions appropriées devront être prises pour garder les équipes en sécurité.

Efficacité de l’enquête, selon que le questionnaire est rempli de façon indépendante ou avec de l’aide

L’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement requiert des entretiens avec des dernières. Il faut donc trouver ces personnes, les aborder, les sélectionner et les recruter. La population des personnes sans logement est diversifiée et inclut aussi bien des personnes qui savent parfaitement lire et écrire que d’autres qui ont des difficultés à cet égard. Une fois sélectionnées, certaines personnes préféreront remplir le questionnaire elles-mêmes. La disponibilité de planchettes à pinces et de stylos ou de crayons permet aux gens de choisir s’ils veulent remplir le questionnaire seuls ou s’ils préfèrent qu’une enquêteuse ou un enquêteur leur pose les questions et note leurs réponses. Offrir ce choix d’entrée de jeu peut être un moyen de contourner la question du degré d’alphabétisation sans avoir à poser de question potentiellement embarrassante pour les répondantes et répondants.

Si quelqu’un choisit de remplir le questionnaire de façon indépendante, il faudra passer celui-ci en revue une fois qu’il sera rempli. Les enquêteuses et enquêteurs doivent trouver un juste milieu entre le droit des personnes sans logement de ne pas répondre à toutes les questions et l’importance de recueillir des données complètes. Il faut donc dire aux personnes qui acceptent de participer à l’enquête que les données qui permettront une déduplication en cas de besoin sont absolument essentielles. Ces données seront toujours inscrites sur le questionnaire par une enquêteuse ou un enquêteur, afin de ne pas faire d’erreur et de ne pas les omettre, sinon le questionnaire rempli ne pourra pas être pris en compte.

Comportement et remplacement des enquêteuses ou enquêteurs

Les enquêteuses et enquêteurs observeront leurs comportements respectifs sur le terrain. Quiconque voit un comportement inacceptable devra intervenir, comme sur tout lieu de travail. Le comportement en question pourra avoir trait à la manière dont quelqu’un aborde les personnes sans logement et leur parle. Il s’agit de prévenir ou de corriger tout comportement qui blesse une personne ou lui cause du tort. La formation offerte aux enquêteuses et enquêteurs devra traiter de ce sujet et faire savoir qu’aucun manque de respect envers autrui ne sera toléré. Tout comportement problématique ou douteux observé doit être confronté le plus vite possible et signalé à la personne désignée à cet effet. Dans certains cas, il pourra s’avérer nécessaire de remplacer l’enquêteuse ou l’enquêteur qui s’est rendu coupable du comportement répréhensible.

Distribution de cadeaux, de rétributions ou d’autres incitatifs

Une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée ne dispose jamais que de ressources limitées. S’il est prévu de distribuer un cadeau de remerciement ou une rétribution aux répondantes et répondants, il faudra aviser les membres des équipes d’enquête qu’il leur appartient de veiller à ce que cette distribution se fasse de manière appropriée et conforme aux protocoles de l’enquête. Leur responsabilisation à cet égard pourra inclure l’obligation de faire signer un reçu par toute personne à qui un cadeau ou autre a été remis. L’encadré 4 : Préparation des enveloppes pour les formulaires de consentement et les cadeaux ou rétributionsexplique comment s’y prendre.

Distribution des fournitures et suivi des besoins de réapprovisionnement

Une solution pour s’assurer que les équipes d’enquête ont tout ce qu’il leur faut sur elles est de remettre à chaque enquêteuse ou enquêteur un sac à dos bien rempli au début de son quart de travail. Chaque sac à dos contient en principe assez de trousses d’enquête pour la durée du quart. Néanmoins, une hausse soudaine et inattendue du nombre de personnes voulant accéder à un service pourra entraîner une pénurie de fournitures sur le terrain. C’est pourquoi il est important de maintenir une liaison avec le quartier général de l’enquête. La coordonnatrice ou le coordonnateur de projet ou encore son adjointe ou adjoint pourra livrer des fournitures additionnelles. Lors d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement à Sudbury menée au début de 2015, la clientèle se présentant pour obtenir des services était systématiquement plus nombreuse que prévue à certains endroits et moins nombreuse que prévu à d’autres. La coordonatrice du projet et son adjoint y faisaient des allées et venues constantes pour livrer du matériel additionnel à certains lieux d’enquête. Si les fournitures viennent à manquer, il est impossible de poursuivre l’enquête, d’où l’importance de prévoir des moyens de réapprovisionner les équipes.

4.5 Observations concernant la participation des Autochtones

À l’étape de la collecte des données d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans une collectivité, les personnes qui collaborent à l’exécution de l’enquête doivent garder à l’esprit que par le passé, la collecte de données quelles qu’elles soient était toujours effectuée par des personnes non-autochtones. Les Autochtones ont toujours eu des réserves face à ce type d’initiative ou s’en sont méfiés. Surmonter ce passé peut poser un problème lors de l’exécution de l’enquête sur prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement. Le principal conseil donné par des auteurs autochtones (notamment Kovach, en 2009) est d’œuvrer à l’établissement et au maintien de relations de confiance et de réciprocité tout au long du processus.

Les principes de propriété, contrôle, accès et possession (PCAP) et ceux de l’éthique de la recherche visant les Premières Nations, les Inuits ou les Métis du Canada[21] s’appliquent à la collecte de renseignements aux fins de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée. Les responsables d’une telle enquête doivent veiller à ce que sa planification et son exécution n’entravent aucun principe d’éthique. Le principe de l’importance de mener les activités liées de façon collaborative et participative en particulier devrait être interpréter comme signifiant qu’il faut consulter les Autochtones et, idéalement, s’assurer de leur participation à la collecte de données au moment d’aborder, de sélectionner, de recruter et de remettre ou d’administrer le questionnaire à des membres de leurs peuples.

4.6 Activités de suivi quotidiennes

Un certain nombre d’activités sont à prévoir à la fin de chaque journée d’enquête, à savoir faire le point avec chaque membre de l’équipe, ramasser et vérifier les questionnaires et formulaires, puis les ranger en lieu sûr, débreffer les enquêteuses et enquêteurs, et enfin, régler tout problème en suspens, le cas échéant.

Ramasser les questionnaires remplis

Vu les efforts requis pour recueillir des renseignements aux fins de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée, il faut absolument s’assurer de bien ramasser tous les questionnaires remplis. Il s’agit donc de faire le tour des membres de toutes les équipes d’enquête, de même que de tous les locaux d’organismes où la collecte de données a eu lieu. La formation des enquêteuses et enquêteurs devrait inclure des instructions sur l’acheminement des questionnaires remplis au quartier général de l’enquête ou leur remise soit à la coordonnatrice ou au coordonnateur, soit à son adjointe ou adjoint. Il faudra par ailleurs mettre au point un système de suivi des enveloppes/trousses basé sur les numéros inscrits sur chacune d’elles. Une façon de s’assurer que chaque enveloppe/trousse est arrivée à bon port au quartier général de l’enquête est de cocher son numéro sur une feuille de contrôle préalablement produite à cette fin. Les enveloppes/trousses qui n’ont pas servi devront aussi être réceptionnées et inventoriées à nouveau.

En cas de perte de formulaires remplis, le temps que les répondantes ou répondants et les équipes d’enquête concernés y auront consacré n’aura servi à rien et les données recueillies sur ces formulaires ne pourront manifestement pas être prises en compte. C’est pourquoi un dernier effort pour retrouver un questionnaire manquant vaut toujours la peine. Une fois tous les questionnaires ramassés, il s’agit de les trier, de les vérifier et de traiter les données qu’ils contiennent (voir les sections suivantes).

Débreffage des enquêteuses et enquêteurs

Après le ramassage et la vérification de tous les questionnaires et formulaires, un débreffage est offert aux enquêteuses et enquêteurs. Des arrangements auront été pris à l’avance pour convenir d’un lieu et d’une heure pour la séance de débreffage. Le débreffage à la fin de chaque quart de travail peut être confié aux chefs d’équipe.

Le débreffage quotidien des enquêteuses et enquêteurs dans le cadre d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement est important pour bien des raisons. Il se peut par exemple que les enquêteuses et enquêteurs veuillent parler de choses qu’elles ont eu du mal à demander aux répondantes ou répondants, ou encore de réponses qu’elles ont trouvées troublantes. Certaines personnes pourraient aussi être perturbées à la fin de leur journée, parce qu’elles n’avaient jusque-là aucune idée des conditions de vie des personnes sans logement. L’enquête leur aura peut-être fait prendre conscience des périls de la vie sans abri, de la faim et de l’insécurité alimentaire, de la violence à laquelle certaines personnes sans logement sont exposées, du fait qu’il leur arrive d’être « interdites d’accès » par certains fournisseurs de services ou d’autres aspects pour le moins difficiles de l’itinérance. D’un autre côté, il pourra aussi arriver que les enquêteuses et les enquêteurs aient envie de partager des moments agréables de leur journée. Pouvoir parler à quelqu’un qui a l’habitude des situations auxquelles les équipes ont pu être exposées est important pour leurs membres. Il faudrait prévoir une séance de débreffage quotidienne. Les membres du comité de coordination et les chefs d’équipe peuvent être invités à en assumer la responsabilité.

5. La saisie et l’assurance de la qualité des données après achèvement de l’enquête

Cette section traite de questions cruciales relatives au tri, au codage et à la saisie des données recueillies grâce à une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement au sein d’une collectivité. Lorsque les questionnaires et leurs documents connexes ont été regroupés dans des enveloppes cachetées, la première chose à faire est de noter dans une première colonne d’une feuille de contrôle (fournie par le comité de coordination) le numéro qui figure à l’extérieur de chacune des enveloppes. Les feuilles de contrôle auront une autre colonne dans laquelle il faudra, après ouverture des enveloppes, mettre une coche pour confirmer que le questionnaire qui était à l’intérieur d’une enveloppe et portant le même numéro que celle-ci a bien été reçu au quartier général de l’enquête. Les enveloppes contenant les questionnaires remplis doivent être classées en ordre numérique, puis ouvertes. Il faut enfin en extraire les questionnaires, les formulaires de consentement et autres documents, séparer et trier le tout, puis ranger ces documents dans un lieu sûr.

5.1 Vérification, codage et saisie des données

Il faut vérifier chaque questionnaire avant de coder les données qu’il contient. Un questionnaire sur lequel ne figurent pas les données nécessaires à une déduplication doit être mis de côté, vu qu’il sera impossible de s’assurer que la répondante ou le répondant dont il contient les réponses n’a pas participé à l’enquête plus d’une seule fois.

Un aspect important de la vérification initiale consiste à s’assurer que la répondante ou le répondant dont un questionnaire contient les réponses est bien en situation d’itinérance, autrement dit, une personne sans logement, au sens que leur donnent les définitions retenues aux fins de l’enquête. S’il semble évident qu’une personne qui a rempli un questionnaire ne se trouve pas sans logement, le questionnaire doit également être mis de côté. Quelqu’un d’autre, ou même le comité de coordination, examinera le questionnaire une deuxième fois et décidera s’il y a lieu de verser les renseignements qu’il contient dans la base de données ou non.

L’examen d’un questionnaire servira aussi à voir s’il contient des notes marginales ou des renseignements additionnels fournis par la répondante ou le répondant. Lors d’enquêtes antérieures sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement menées dans le Nord de l’Ontario, plusieurs répondantes et répondants ont complété leur questionnaire de longues notes sur leur vécu. Dans pareil cas, le numéro du questionnaire devra être transcrit sur les feuilles de papier additionnelles jointes au questionnaire, le cas échéant, et ces feuilles pourront faire l’objet d’un examen ultérieur. Le comité de coordination pourra décider de trier les questionnaires comportant des notes importantes ou des pièces jointes en vue d’un tel examen distinct.

Tout renseignement qui a manifestement été transposé devrait être corrigé à l’aide d’un stylo ou d’un crayon d’une couleur différente que celui utilise pour remplir le questionnaire. Procéder de la sorte fera bien ressortir les inscriptions portées sur un questionnaire à ce stade de vérification. La vérification servira aussi à s’assurer que les réponses sont lisibles, voir qu’une seule réponse a été donnée lorsqu’il le faut, compter le nombre de questions laissées sans réponse et plus généralement confirmer que le questionnaire ainsi rempli est valable aux fins de l’enquête.

Il faudra décider de la suite à donner aux questionnaires dont les réponses posent un problème. Une fois la vérification terminée, les données des questionnaires anonymisés seront prêtes à être codées.

5.2 Codage, saisie et épuration des données

La première chose à faire est de coder les réponses aux questions ouvertes. Il s’agira de créer une liste de codage pour l’analyse structurée du contenu. Il n’est pas du ressort du présent guide de fournir des instructions de codage détaillées, mais il existe de nombreuses ressources sur le sujet.

La liste de codage devrait comporter un code pour chaque variable. Toutefois, sur un questionnaire bien conçu, chaque question aura été codée à l’avance. Ainsi, la saisie des données peut se faire sans avoir à coder les questions fermées. Les codes associés aux questionnaires durant le processus de codage, y compris les nouveaux codes, sont ajoutés à la liste de codage. À chaque réponse correspondra un code numérique quand le codage sera achevé.

5.3 Qualité, saisie et déduplication des données

La saisie dans une base de données des réponses fournies sur les questionnaires doit se faire à l’aide d’un logiciel spécial. Les logiciels les plus populaires à cet égard sont Microsoft Access ou Excel, ou encore des logiciels d’analyse statistique, entre autres SPSS (Statistical Package for the Social Sciences). Il appartient au comité de coordination de décider du logiciel à utiliser.

Les questionnaires doivent être versés dans une base de données. Un identifiant unique doit être créé pour chaque répondante ou répondant en combinant ses initiales, sa date de naissance et son sexe ou son identité de genre. Une fois dans la base de données, les questionnaires pourront être triés dans l’ordre des identifiants uniques, ce qui fera vite apparaître s’il y a plus d’un questionnaire rempli par ou pour la même personne. Une déduplication est alors requise pour repérer et isoler les questionnaires faisant double emploi, puis les comparer au premier questionnaire traité, pour voir s’ils proviennent bien de la même personne. Le questionnaire qui sera conservé sera celui qui contient le plus de renseignements, tandis que le ou les autres seront classés dans un fichier de questionnaires en double, et non détruits. Il s’agit d’inscrire le mot « Original » sur le questionnaire conservé à des fins de codage et les mots « Double du numéro [identifiant unique] » sur les autres. Les questionnaires provenant de la même répondante ou du même répondant doivent être faciles à repérer en y inscrivant ainsi le même numéro d’identification, qui figure aussi sur la feuille de contrôle. Si quelqu’un a participé à l’enquête plus de deux fois, chacun de ses questionnaires redondants le même numéro d’identification que l’original.

5.4 Épuration des données

Une fois les données saisies dans la base de données, une vérification additionnelle peut être faite basée sur la distribution statistique. L’épuration peut prendre la forme d’une recherche d’erreurs de saisie ou d’un contrôle par fourchette. Après la saisie des données, une deuxième personne devrait passer la base de données en revue pour vérifier elle aussi que les données de chaque questionnaire ont été saisies correctement. Toute différence entre une réponse sur un questionnaire et les données saisies doit être rectifiée. Les valeurs aberrantes peuvent dénoter soit des erreurs de saisie de données, soit des réponses fournies sur un questionnaire qui diffèrent de celles qui étaient proposées. Il s’agit là d’une occurrence fréquente qui oblige chaque fois à trancher la question de savoir quoi faire avec les valeurs saisies. En général, il convient de rectifier les données dans la base, pour qu’elles correspondent bien à ce que les répondantes ou répondants ont écrit ou dit. Les vérifications logiques et d’autres formes d’épuration peuvent aussi être envisagées. Il convient de consulter des spécialistes avant de procéder à l’épuration des données pour savoir comment procéder et quelles vérifications effectuer.

La trousse d’outils sur les dénombrements ponctuels de l’Observatoire canadien sur l’itinérance accessible sur le site Web de ce dernier[22] fournit des renseignements additionnels sur les activités à prévoir après l’achèvement d’une enquête.

5.5 Participation des Autochtones à la saisie, à l’interprétation et à la diffusion des données

Bon nombre d’Autochtones ont une formation et de l’expérience en recherche et devraient de ce fait participer à l’exécution des différentes tâches liées au traitement des données. Une considération clé à cet égard est celle de la contribution que l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement peut faire au renforcement des capacités des Autochtones et de leurs communautés. L’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée peut être une bonne occasion de recruter des Autochtones comme chefs et adjointes ou adjoints de projet. Le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations[23] rappelle, par l’entremise de ses principes PCAP, qu’il est important d’associer les communautés autochtones à l’interprétation des données les concernant. Les Autochtones devraient participer à l’examen et à l’analyse des résultats de l’enquête, de même qu’à leur présentation dans des rapports et autrement. Les partenaires des Premières Nations, Inuits et Métis peuvent collaborer à l’examen ou à la validation des données, à la rectification de toute inexactitude culturelle et au respect des membres de leurs communautés. Les lignes directrices d’une collecte de données collaborative, participative et communautaire précisent que la participation des Autochtones s’applique à toutes les étapes d’une initiative de cette nature. Il convient de consulter les Autochtones au sujet du rôle qu’ils joueront aux étapes d’interprétation et de diffusion des données de l’enquête sur la prévalence cours d’une période donnée des personnes sans logement.

6. Bibliographie et ressources variées

Itinérance

Ontario. (2015). À chacun son chez-soi : Rapport du Comité consultatif d’experts pour la prévention de l’itinérance. Ministère des Affaires municipales et du Logement.
Lien vers le rapport : www.mah.gov.on.ca/AssetFactory.aspx?did=11039

Guides et ressources en matière de recensement

Lignes directrices pour le recensement des personnes sans logement par les gestionnaires de services (publiées par le gouvernement de l’Ontario).
http://www.mah.gov.on.ca/Page15243.aspx

Canada. (2016). Guide sur les dénombrements ponctuels au Canada de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance.
Lien vers le guide : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/communautes/sans-abri/denombrement-ponctuel.html

Observatoire canadien sur l’itinérance (2015). Trousse d’outils sur les dénombrements ponctuels.
Lien vers la trousse d’outils : http://rondpointdelitinerance.ca/toolkit/chapter/au-sujet-de-cette-trousse-doutils

U.S. Department of Housing and Urban Development. (2014). Point-In-Time Count Methodology Guide. (en anglais seulement)
Lien vers le guide: https://www.hudexchange.info/resource/4036/point-in-time-count-methodology-guide

Trousse d’outils de la Semaine d’enregistrement (en anglais seulement)

Lien vers la trousse d’outils : http://fr.20khomes.ca/ressources/trousse-doutils-de-la-semaine-denregistrement/

Collecte de données auprès des Autochtones – pratiques et éthique

Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations. (2007). PCAP : Propriété, contrôle, accès et possession. Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations, Assemblée des Premières Nations. Ottawa : Organisation nationale de la santé autochtone.
Lien vers les principes PCAP : http://fnigc.ca/fr/pcap.html.

Kovach, M. (2009). Indigenous Methodologies: Characteristics, Conversations and Contexts. Toronto: University of Toronto Press.

Collecte de données auprès de groupes multiculturels – pratiques et éthique

Liamputtong, P. (2007). Researching the Vulnerable. Thousand Oaks, CA: SAGE Publications.

Protocole de sécurité

Social Research Association. (date de parution inconnue) Code of Safety for Social Researchers.
Lien vers le code : http://the-sra.org.uk/sra_resources/safety-code

Annexe A : Modèle de lettre aux fournisseurs de services

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[date]

Objet : Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement à [nom de la collectivité] du [date de début de l’enquête, si elle est connue] au [date de fin de l’enquête, si elle est connue]

En janvier 2015, le gouvernement de l’Ontario a mis sur pied le Comité consultatif d’experts pour la prévention de l’itinérance, qu’il a chargé de lui faire des recommandations sur la manière de réaliser l’un des objectifs qu’il s’est fixés pour sa Stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir celui de mettre fin à l’itinérance. Parmi les recommandations de ce comité figurait celle que la province rende obligatoire le recensement local des personnes sans logement. En décembre 2016, la province a adoptée une loi qui exige que tous les gestionnaires de services procèdent au recensement des personnes sans logement dans leurs collectivités. Les données de ce recensement aideront la province à mieux comprendre l’échelle et la nature de l’itinérance en Ontario, de manière à pouvoir décider des meilleurs moyens de la prévenir, de la réduire et de l’éliminer.

Une équipe communautaire collabore avec [nom de l’organisme] pour mener une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement à [nom de la collectivité] et dans ses environs. Nous vous demandons de bien vouloir appuyer cette initiative en participant [à une réunion qui servira à mettre sur pied un comité de coordination OU à la collecte de renseignements sur les personnesen situation d’itinérance ou de quasi-itinérance qui utilisent les services de votre organisme].

Le but de cette enquête est de recueillir des renseignements sur les personnes en situation d’itinérance ou de quasi-itinérance qui utilisent des services à [nom de la collectivité]. Ses résultats serviront à la planification des services qui seront offerts dans cette collectivité au cours des [chiffre] prochaines années. Ils aideront aussi la collectivité à mieux comprendre les questions liées aux différentes formes d’itinérance, y compris la situation de personnes sans abri qui n’utilisent pas les refuges, qualifiée d’itinérance absolue, celle des personnes sans abri de façon chronique ou épisodique, et enfin, celle des personnes à risque d’itinérance, autrement dit qui sont logées mais qui risquent de perdre leur logement. Les résultats de cette enquête seront mis à la disposition de la municipalité, des organismes locaux et du public par l’entremise d’un rapport qui sera dévoilé lors d’un forum communautaire.

L’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement utilisera pour la collecte de données un outil existant, avec des questions mise au point par le gouvernement de l’Ontario. Cette enquête permettra de recenser le nombre de personnes sans logement et de recueillir des renseignements sur leurs caractéristiques de base. Pour garantir l’exactitude des données recueillies, nous comptons sur les organismes participants pour mener cette enquête durant la même semaine, à savoir du [date de début de l’enquête envisagée] au [date de fin de l’enquête envisagée]. Une collecte de données distincte aura lieu auprès de la clientèle des banques d’alimentation aux jours d’ouverture de celles-ci.

Un membre de notre équipe communiquera avec vous sous peu pour discuter de cette initiative et répondre à toute question que vous pourriez avoir sur le mode d’enquête et l’outil de collecte de données que nous avons retenus. Pour tout renseignement additionnel concernant l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, veuillez vous adresser à la personne responsable de sa coordination, soit par courrier électronique, à l’adresse [homeless@emailservice.ca], ou par téléphone, au [xxx-xxx-xxxx].

La collecte de données fiables sur les personnes sans logement à [nom de la collectivité] par l’entremise de cette enquête et la planification des services dont celles-ci ont besoin suppose la participation de tous les fournisseurs de services locaux. Grâce à vous, nous pourrons en apprendre davantage sur l’itinérance à [nom de la collectivité] et sur la manière d’y faire face. D’avance merci de votre collaboration à cette importante initiative.

Cordialement,

[signature]

Président/Présidente

Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

Annexe B : Affichage de poste bénévole ou rémunéré

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VOLUNTEER/STAFF JOB

[Organization name] is committed to equity in employment and encourages applications from all qualified applicants including women, aboriginal peoples, members of visible minorities, and persons with disabilities.

1. Coordinators with the Period Prevalence Count (PPC) in [name of community] are seeking to hire temporary volunteers or staff to conduct a period prevalence count on poverty and homelessness. During the PPC, the volunteers/staff will be placed at varied locations and agencies and will administer short surveys to service users/homeless people.

Location: [place], Ontario

Dates: [dates]

Hours are flexible and based on the employee’s availability. Bilingualism and experience working with vulnerable populations are assets.

Salary: [specify or delete for volunteers]

Please email a current resumé to:

PPC Project Coordinator

xxx-xxx-xxxx extension xxxx PPC_Coordinator@email.ca

POSTE BÉNÉVOLE/RÉMUNÉRÉ

[Nom de l’organisme] souscrit au principe de l’équité en matière d’emploi et encourage toutes les personnes qualifiées, y compris les femmes, les Autochtones, les membres des minorités visibles et les personnes handicapées à poser leur candidature.

1. Les responsables de la coordination de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée de la pauvreté et des personnes qui sont sans logement à [nom de la collectivité] cherchent du personnel temporaire pour mener cette enquête. Les personnes embauchées seront placées dans divers organismes et à divers autres endroits pour recueillir des renseignements à l’aide d’un court questionnaire auprès de la clientèle des services/des personnes sans logement.

Lieu : [endroit], Ontario

Dates : [dates]

Les heures de travail sont flexibles et adaptées à la disponibilité des personnes recrutées. Le bilinguisme et une expérience de travail préalable auprès de populations vulnérables sont des atouts.

Salaire : [Préciser ou supprimer la rubrique pour les postes bénévoles.]

Prière de faire parvenir votre curriculum vitae à jour à :

Responsable de la coordination
de l’enquête sur la prévalence
au cours d’une période donnée

xxx-xxx-xxxx poste xxxx Responsable@email.ca

xxx-xxx-xxxx poste xxxx

Annexe B1 : Modèle de courriel au personnel bénévole/rémunéré

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[date]

Objet : Formation pour l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement

Madame, Monsieur,

J’ai le plaisir de vous informer que nous avons retenu votre candidature pour le poste [d’adjoint(e) à la coordination de projet / d’enquêteur(enquêteuse)] [comme bénévole ou membre du personnel temporaire rémunéré] aux fins de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement à [nom de la collectivité].

Vos principales responsabilités au sein de ce poste seront les suivantes :

  • Participer à une séance de formation sur les divers aspects de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement;
  • Recueillir des renseignements auprès des personnes sans logement à l’aide d’un court questionnaire;
  • Travailler à deux ou en équipe de plusieurs durant l’enquête;
  • Assurer ces fonctions suivant un horaire de travail flexible;
  • Toute autre responsabilité qui pourra vous être confiée selon les besoins.

Voici les renseignements sur la séance de formation à laquelle nous vous demandons de bien vouloir participer :

Date : [date]

Heures : [heures de début et de fin].

Lieu : [adresse de l’endroit où la formation aura lieu]

Merci de bien vouloir communiquer avec [nom] [au/à] [coordonnées] pour confirmer votre présence à la séance de formation.

Cordialement,

[signature]

[Président/Présidente]

Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée
des personnes sans logement à [nom de la collectivité]


Annexe C : Politique et entente de confidentialité

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Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement à [nom de la collectivité]
les [dates de la période d’enquête]

POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ

La confidentialité des renseignements fournis par les répondants à l’enquête doit être respectée comme suit :

  1. Aucun renseignement sur une répondante ou un répondant à l’enquête n’est communiqué à quiconque (personne ou organisme) sans le consentement écrit de la directrice ou du directeur de projet.
  2. Il est interdit aux membres de l’équipe de recherche de discuter des renseignements relatifs aux opinions ou à la vie privée des répondants qui sont portés à leur connaissance dans le cadre de ce projet de recherche (l’enquête) sans le consentement écrit de la directrice ou du directeur de projet.
  3. Les données sont stockées dans un lieu sûr et ne sont accessibles que par les membres de l’équipe de recherche.
  4. Les membres de l’équipe de recherche respectent les lignes directrices relatives à la protection du caractère confidentiel des données recueillies pour les besoins du projet de recherche.
  5. Les membres de l’équipe de recherche discutent avec la personne qui dirige ou qui coordonne le projet de recherche de toute question que les données tirées de ce dernier peuvent soulever en matière de responsabilité juridique ou de limites de l’obligation de confidentialité.
  6. Les membres de l’équipe de recherche doivent, sans exception, s’engager à respecter les consignes ci-dessus, à exécuter les activités liées au projet de recherche de manière éthique, de même qu’à signer la présente politique de confidentialité.

Nom de la/du membre de l’équipe de recherche (en majuscules) :

Signature :

Nom d’une ou d’un témoin (en majuscules) :

Signature :

Date :

Annexe D : Modèle de lettre d’information/formulaire de consentement à participer à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée

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Titre du projet : Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes
sans logement à [nom de la collectivité]

Directrice/Directeur de projet : [Nom et affiliation]

Coordonnatrice/Coordonnateur : [Nom et affiliation]

Adjointe/Adjoint à la coordination : [Nom et affiliation]

Partenaire communautaire : [Nom et affiliation]

Une équipe communautaire collabore avec [nom de l’organisme] pour mener une enquête sur le nombre de personnes sans logement au cours d’une période donnée – ce que l’on appelle la « prévalence » – à [nom de la collectivité] et dans ses environs. Cette enquête devrait avoir lieu du [date] au [date]. Son but est de recueillir des renseignements qui pourront servir à créer des politiques et faire des changements pour mieux aider les personnes sans logement.

Je comprends que ma participation à cette enquête prendra environ dix minutes, le temps de répondre à quelques questions. Je suis libre de dire que je ne veux pas participer à cette enquête ou que je ne veux pas répondre à toutes les questions. Je peux aussi demander à remplir le questionnaire moi-même.

Je comprends aussi que :

  • Cette enquête durera plusieurs jours et sera menée par une équipe regroupant des [gestionnaires de services, partenaires communautaires, bénévoles et étudiants]. Ses résultats seront analysés et publiés par des membres de cette équipe.
  • Il est possible que le fait de discuter des sujets liés aux questions qui me seront posées, donner mon avis et parler de mes besoins me fatigue ou me donne un peu d’anxiété.
  • Ma participation à cette enquête est tout à fait volontaire.
  • Si je le veux, je peux consentir (dire oui) à la participation à cette enquête en mettant un simple X ou un nom de rue à l’endroit prévu pour ma signature, sans donner mon vrai nom.
  • J’ai le droit d’arrêter de participer à cette enquête quand je veux sans que rien ne change dans mes relations avec les organismes qui me fournissent des services ou les personnes qui m’aident.
  • Mon identité, autrement dit mon nom et ce que je fais dans la vie, ne sera jamais rendu publique par les activités de recherche et les rapports liés à cette enquête.
  • Tout ce que je dirai en réponse aux questions qui me seront posées sera strictement confidentiel.
  • Les réponses aux questions posées dans le cadre de cette enquête seront entrées dans une base de données et elles serviront à d’autres activités de recherche et d’éducation sur la situation et les besoins des personnes sans logement.
  • Les résultats de l’enquête seront donnés aux responsables des politiques et aux organismes qui offrent des services aux personnes sans logement, et il seront affichés sur le site Web [www.website.ca].
  • Une réunion publique aura lieu dans la collectivité quand l’enquête sera terminée pour parler de ses résultats et formuler des recommandations.

Si j’ai des questions ou des soucis au sujet de l’enquête ou de ma participation, je peux appeler [nom] au xxx-xxx-xxxx ou lui envoyer un courriel à [name@email.ca].

J’accepte de participer à l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée et j’ai reçu une copie de ce formulaire de consentement. J’ai aussi reçu une liste des services disponibles à [nom de la collectivité] pouvant aider les personnes qui sont sans logement ou qui risquent de perdre leur logement.

DATE :_______________________________________________________

NOM :________________________________________________________

SIGNATURE : __________________________________________________

TÉMOIN :______________________________________________________


Annexe E : Modèle de reçu

LOGO(S)

Enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée
des personnes sans logement
à [nom de la collectivité]

Cadeau/Rétribution

Date de participation : (Encercler le jour et le mois) :

[1er jour – jj mm] [8e jour – jj mm]

[2e jour – jj mm] [9e jour – jj mm]

[3e jour – jj mm] [10e jour – jj mm]

[4e jour – jj mm] [11e jour – jj mm]

[5e jour – jj mm] [12e jour – jj mm]

[6e jour – jj mm] [13e jour – jj mm]

[7e jour – jj mm] [14e jour – jj mm]

Je m’appelle (NOM) et je confirme avoir reçu [article ou montant] pour avoir participé à l’enquête sur les personnes sans logement à [nom de la collectivité].

Nom : _____________________________________________

Signature : ______________________________________________

Témoin (Nom) : ______________________________________________

Témoin (Signature) : ______________________________________________

Remarque : Les répondantes et répondants peuvent choisir de signer avec un simple X ou autre symbole ou avec leur nom de rue.


Annexe F : Modèle de protocole de sécurité

Code de pratique pour la sécurité des chercheurs en sciences sociales (Développé par la Social Research Association, au Royaume-Uni)

Introduction

Ce qui suit est la traduction d’un code mis au point par un organisme britannique, la Social Research Association (SRA) et destiné aux spécialistes de la recherche en sciences sociales, en particulier à ceux et celles qui font individuellement de la recherche sur le terrain. Ce code, qui porte principalement sur la sécurité des personnes qui font des entrevues ou des observations dans des locaux privés, peut s’appliquer de façon générale lorsque ce type d’activité est effectué dans un milieu inconnu.

Les spécialistes de la recherche en sciences sociales peuvent être exposés à une variété de risques lors d’interactions en étroite proximité avec des sujets d’étude, à savoir :

  • Le risque de menaces ou d’actes de violence physique;
  • Le risque de traumatisme psychologique, à la suite d’une menace ou d’un acte de violence physique, ou encore en raison de la nature de ce qui est porté à leur connaissance durant l’interaction;
  • Le risque de se trouver dans une situation compromettante susceptible de mener à des accusations de conduite inappropriée;
  • Une exposition accrue aux risques de la vie quotidienne et des interactions sociales, tels que ceux d’un accident de la route ou d’une maladie infectieuse;
  • Le risque de causer un tort psychologique ou physique à autrui.

Le code que voici est destiné aux bailleurs de fonds de travaux de recherche, aux employeurs dans le domaine de la recherche, aux directrices et directeurs de recherche, de même qu’aux chercheuses et chercheurs sur le terrain. Il vise à signaler les risques en matière de sécurité dont il convient de tenir compte au moment de concevoir et d’exécuter des projets de recherche en sciences sociales sur le terrain, de même qu’à promouvoir l’adoption de mesures pour réduire ces risques. Il ne se veut pas alarmiste, mais cherche plutôt à minimiser les incertitudes et l’anxiété que ces risques pourraient engendrer et qui nuiraient à la qualité de la recherche.

Il aborde les points suivants :

  • La clarification des responsabilités;
  • L’établissement d’un budget pour la sécurité;
  • La prise en compte de la sécurité lors de la conception de la recherche;
  • L’évaluation des risques;
  • Les préparatifs pour le travail sur le terrain;
  • Les précautions à prendre lors d’un entretien;
  • Le maintien du contact;
  • La conduite d’un entretien;
  • Les stratégies pour gérer les situations à risque;
  • La sécurité des interviewés;
  • Le débreffage et le soutien après l’événement;
  • L’insistance sur le respect des lignes directrices.

La clarification des responsabilités

Les employeurs des chercheuses et chercheurs, qui sont le plus souvent des universités ou des instituts de recherche, ont une « obligation de diligence » envers leurs employés aux termes de la loi sur la santé et la sécurité au travail (Health and Safety at Work Act), laquelle est renforcée par ses règlements d’application (Management of Health and Safety at Work Regulations), eux-mêmes appuyés par une directive-cadre de l’Union européenne. La directive-cadre européenne établit un code de conduite qui préconise les comportements suivants, selon les circonstances :

  • éviter le moindre risque;
  • Combattre les risques à la source;
  • Personnaliser le travail;
  • S’assurer que les employés connaissent la marche à suivre;
  • S’assurer que le cadre d’action global de l’organisme tient bien compte des risques.

Bien qu’une agente ou un agent du personnel puisse légalement représenter l’employeur, l’obligation de diligence peut être considérée comme incombant avant tout à la directrice ou au directeur de la recherche, qui pourrait selon le cas aussi bien être la personne qui dirige l’unité de recherche ou encore la chercheuse ou le chercheur à qui une subvention a été accordée pour la recherche en cours, par exemple.

La sécurité au travail est en général une responsabilité partagée de l’employeur et de l’employé. La conduite d’une recherche en sciences sociales pourrait toutefois engendrer une variété de situations à l’égard de laquelle la responsabilité en matière de sécurité pourrait être contestée, par exemple celle où un chercheur ou une chercheuse fait du travail sur le terrain et doit passer la nuit dans un hôtel.

L’établissement d’un budget pour la sécurité

Toutes les propositions de recherche et les ententes de financement devraient, au moment de la budgétisation, tenir compte du coût de la sécurité des personnes qui collaboreront à la recherche concernée. Il pourra s’avérer utile de faire la distinction entre les coûts d’infrastructure, qui sont répartis entre tous les travaux de recherche, et les coûts propres à une recherche particulière.

Les coûts d’infrastructure peuvent couvrir la formation à l’évaluation des risques, les aides à la communication, l’assurance des personnes et des véhicules et les coûts salariaux liés, d’une part, à un membre du personnel désigné comme responsable de la sécurité des recherches sur le terrain et, d’autre part, au personnel affecté à un point de contact sur le terrain. Il est important de clarifier quelle partie de ces coûts est à la charge de l’employeur et laquelle est à la charge du bailleur de fonds.

Les coûts propres à une recherche peuvent inclure ceux liés aux heures de travail additionnel faites sur le terrain (travail à deux, servir d’observateur ou d’observatrice à une ou un collègue ou rendre des comptes à l’équipe centrale), à la location automobile ou aux déplacements en taxi, à l’hébergement en cours de déplacement, ou encore à la formation spéciale des personnes qui font des recherches sur des sujets délicats ou les services de consultation offerts à celles-ci. Il serait bon de discuter de ces coûts additionnels avec les bailleurs de fonds possibles lors de l’élaboration d’une proposition de recherche.

L’université, l’institut de recherche ou tout autre employeur des chercheuses et chercheurs devrait être disposé à consacrer des ressources aux activités touchant la sécurité : sensibilisation; clarification et hiérarchie des responsabilités; élaboration et mise en œuvre des procédures; et enfin, exécution des examens périodiques.

La prise en compte de la sécurité lors de la conception de la recherche

La sécurité des chercheuses et des chercheurs peut être prise en compte lors de l’élaboration des propositions de recherche.

  • Choix des modes d’enquête – garder la sécurité à l’esprit au moment de peser le pour et le contre de différents modes d’enquête; contester les plans de recherche qui prennent pour acquis que des entretiens en personne se dérouleront dans des lieux potentiellement dangereux.
  • Choix du lieu d’enquête – réfléchir à la question de savoir si des entretiens à domicile sont vraiment nécessaires pour la recherche, le cas échéant. Les entretiens dans un lieu public pourraient être tout aussi acceptables et seraient plus sécuritaires; il pourrait par exemple être préférable, pour un entretien avec quelqu’un qui travaille, d’organiser celui-ci en public, sur l’heure de midi, plutôt qu’en privé, le soir.
  • Dotation en personnel – envisager des plans de recherche qui permettent d’affecter des chercheuses ou chercheurs par groupe de deux à la conduite d’entretiens en général ou pour s’entretenir simultanément avec deux membres d’un ménage.
  • Choix des chercheuses et chercheurs – réfléchir à la question de savoir si l’objet de la recherche est tel que celle-ci nécessitera le recrutement de spécialistes dans un domaine spécifique ou possédant des compétences particulières. La directrice ou le directeur de la recherche pourra être amené à interdire le recours à du personnel existant, s’il est à prévoir que la teneur de l’entretien suscitera une forte réaction ou engendrera de l’angoisse.
  • Méthodes de recrutement – dans la mesure du possible, adopter des méthodes de recrutement qui permettent une prise de contact initiale par téléphone, pour pouvoir se faire une première idée de la personne avec laquelle vous comptez vous entretenir et de ses circonstances.
  • Horaire de travail – tenir compte du fait que les périodes de travail intensif sur le terrain peuvent être épuisantes. Un horaire plus léger se traduira par des chercheuses et chercheurs plus alertes et donc mieux à même déceler des risques et de gérer d’éventuels incidents.

L’évaluation des risques sur place

Une fois qu’un emplacement a été retenu pour le travail sur le terrain, il s’agit d’aller y faire un tour avant de se mettre à la tâche et de se poser les questions suivantes :

  • L’endroit est-il bien desservi par les transports en commun?
  • Est-ce que des compagnies de taxi connues peuvent s’y rendre facilement?
  • Est-il possible d’y venir en voiture privée et de se garer dans le coin, en toute sécurité?
  • Y a-t-il un endroit sur place qui pourrait servir de point de contact ou de rendez-vous pour les chercheuses et chercheurs?
  • Y a-t-il des hôtels convenables et pas trop chers à proximité?
  • Existe-t-il localement des tensions dont il faudrait tenir compte, qu’elles soient dues à des différences culturelles, religieuses, raciales ou autres?
  • Que pensent les intervenants locaux, tels que la police, du degré de risque dans la zone visée par la recherche?

Il peut s’avérer utile de préparer le travail sur le terrain et pour cela :

  • Rencontrer les « dirigeants » de la collectivité locale pour leur expliquer la recherche et les y rallier.
  • Informer les autres intervenants locaux importants de la recherche, tels que les organismes publics et communautaires qui œuvrent auprès des interviewés potentiels.
  • Communiquer avec le service de police local, par écrit, de l’objet et du déroulement de la recherche et demander à obtenir le numéro de téléphone d’une personne-ressource.

Les risques liés aux interviewés

Les sujets bien souvent abordés lors des entretiens dans le cadre d’une recherche en sciences sociales – par exemple, la pauvreté, le chômage, les ruptures affectives, l’exclusion sociale, le deuil et la maladie – peuvent soulever des émotions intenses chez les interviewés, et même déclencher des réactions de colère. Il peut arriver qu’une recherche traite explicitement avec un phénomène pour lequel le risque de menaces ou de violence est vraisemblable – par exemple, s’il s’agit d’étudier des comportements criminels ou la violence homophobe, ou encore les clivages sectaires.

Il est tout à fait possible qu’une partie de vos interlocutrices ou interlocuteurs potentiels présentent un plus grand degré de risque que d’autres. Il peut arriver qu’une recherche porte sur des personnes qui ont des antécédents de troubles psychologiques ou de violence physique. Si de telles caractéristiques chez les sujets à l’étude sont connues à l’avance, il convient d’en informer les chercheuses et chercheurs et leur superviseure ou superviseur, de même que leur expliquer les risques à prévoir et les précautions à prendre.

Les questions de race, de culture et de sexe ou d’identité de genre peuvent avoir une considérable incidence sur la sécurité des chercheuses et chercheurs. Les chercheuses qui travaillent seules sont en général plus vulnérables que leurs collègues masculins dans la même position; les cultures plus orthodoxes leur sont parfois hostiles. Certains contextes racialisés rendent la conduite d’entretiens entre personnes d’origines ethniques différentes plus risquée. Il est possible d’éviter les risques découlant de ce type de situation en communiquant à l’avance avec les interviewés potentiels pour se renseigner sur leurs préférences et leurs attentes.

Préparatifs pour le travail sur le terrain

Dans la mesure du possible, les personnes qui s’apprêtent à mener des entretiens devraient se renseigner à l’avance sur les caractéristiques de leurs interlocutrices ou interlocuteurs potentiels, de même que sur leurs conditions de logement et leur milieu de vie. Voici quelques moyens de le faire :

  • Étudier une carte de la zone d’étude pour voir si elle recèle des indices sur le genre de quartier dont il s’agit. Essayer d’y situer des écoles ou bureaux de poste, une gare ferroviaire et d’autres carrefours d’activité. Repérer la façon la plus rapide de sortir de zones résidentielles denses.
  • S’il y a des raisons de craindre pour sa sécurité, se rendre sur place à l’avance pour déterminer s’il serait préférable de se faire accompagner ou surveiller durant les entretiens et prendre des dispositions pour se faire prendre par quelqu’un à la fin des entretiens.
  • Si le plan de recherche le permet, téléphoner aux interviewés à l’avance, pour savoir si d’autres membres du ménage seront à la maison à l’heure prévue pour l’entretien.
  • S’il est question d’aborder des gens à froid dans un endroit qui pourrait présenter des risques, s’y rendre à deux.
  • Prévoir des lieux de rendez-vous de rechange, dont la sécurité aura été confirmée à l’avance, et déplacer le rendez-vous au besoin.

Les précautions à prendre lors d’un entretien

Les directrices ou directeurs de recherche ont intérêt à conseiller aux chercheuses et chercheurs de prendre certaines précautions pour minimiser les risques associés à tout entretien et pour s’assurer de pouvoir compter sur de l’aide en cas de besoin. Voici quelques conseils pratiques à cet égard :

  • Si vous vous sentez vulnérable, évitez de vous déplacer à pied. Utilisez les transports publics, s’ils sont pratiques, une voiture privée ou une compagnie de taxi connue. Planifiez votre chemin à l’avance et emportez toujours un plan de ville.
  • Évitez d’attirer l’attention. Habillez-vous de façon banale et décente, en tenant compte des normes culturelles des résidents locaux. Cachez tout article ou matériel de valeur que vous pourriez avoir sur vous.
  • Si vous comptez aborder les gens à froid, autrement dit leur parler sans les avoir prévenus, évaluez la situation avant d’entamer un entretien et, en cas de doute, reportez l’entretien à une heure ou date ultérieure, quand quelqu’un pourra y assister avec vous. Réfléchissez à l’avance à ce que vous allez dire dans un interphone d’immeuble pour rester maître ou maîtresse de la situation tout en respectant votre obligation de confidentialité.
  • Essayez de vous arranger pour que quelqu’un vous voie entrer chez la personne avec qui vous allez vous entretenir. Saluez le concierge ou quiconque d’autre travaille autour de l’immeuble ou dans celui-ci, entrez dans un magasin du voisinage pour demander comment vous rendre à votre destination ou trouvez d’autres moyens de faire connaître votre présence – mais ne trahissez pas votre obligation de confidentialité vis-à-vis de l’interlocuteur ou de l’interlocutrice que vous allez rencontrer.
  • Dans des immeubles de plusieurs étages, réfléchissez à votre sécurité avant de décider de prendre les escaliers ou l’ascenseur.
  • Au vu de ce qui précède, si vous avez la moindre raison de craindre pour votre sécurité, demandez à une ou un collègue ou, au besoin, à quelqu’un que vous payerez pour le faire, de vous attendre dans l’immeuble ou dehors, à un endroit bien en vue. Si cette personne doit vous attendre dehors, convenez à l’avance de la manière dont vous pourrez communiquer avec elle.
  • Emportez un sifflet ou tout autre dispositif permettant d’attirer l’attention en cas d’urgence.
  • Dites à la personne avec laquelle vous vous entretenez que vous avez un horaire à respecter et que d’autres savent où vous êtes. Vous pourriez par exemple convenir avec une ou un collègue, ou avec un chauffeur de taxi, de venir vous prendre à une certaine heure; placer un appel téléphonique ou demander à quelqu’un à l’avance de vous appeler à une certaine heure. Laissez votre téléphone cellulaire allumé.
  • Évaluez l’agencement de l’immeuble et des pièces pour repérer la sortie la plus rapide. Si l’entretien se déroule dans une résidence privée, restez dans les pièces communes.
  • Ayez toujours sur vous une pièce d’identité, un badge ou une carte authentifiés par la dirigeante ou le dirigeant de l’organisme de recherche pour lequel vous travaillez et précisant votre adresse et votre numéro de téléphone professionnels. Invitez les interviewés à en vérifier l’authenticité.

Le maintien du contact

Il est indispensable d’établir des lignes de communication fiables entre le bureau central et l’emplacement du travail sur le terrain. La directrice ou le directeur de recherche devrait pleinement informer quelqu’un au bureau central de la recherche menée par l’équipe sur le terrain et de son horaire, charger cette personne de la liaison avec cette équipe et lui donner des instructions bien claires quand et comment elle devrait intervenir, au besoin.

La liaison entre le bureau central et l’équipe sur le terrain repose sur les éléments suivants :

  • Des renseignements détaillés sur l’itinéraire de la chercheuse et du chercheur et sur ses différents rendez-vous; les noms, adresses et numéros de téléphone des personnes interviewées sur place ou par téléphone, de même que les détails concernant un hébergement à l’hôtel ou ailleurs la nuit, le cas échéant, sont remis à une personne désignée au bureau central ou au bureau temporaire sur le terrain (en soulignant l’importance de la confidentialité des interviewés).
  • La chercheuse ou le chercheur avise le bureau central de tout changement intervenant dans le cours de son travail sur le terrain.
  • La chercheuse ou le chercheur sur le terrain garde toujours avoir un téléphone cellulaire sur soi pour que le bureau central puisse l’appeler.
  • Lorsque plusieurs chercheuses ou chercheurs travaillent sur le terrain simultanément, ils ou elles communiquent par téléphone cellulaire ou se retrouvent à des heures convenues à l’avance. Si quelqu’un ne respecte pas cette consigne, autrement dit n’appelle pas ou ne répond pas au téléphone à l’heure prévue ou ne se présente pas à l’endroit convenu, l’autre chercheur ou chercheuse prévient immédiatement la personne désignée au bureau central ou au bureau temporaire.

Idéalement, un appel sera placé vers le bureau central lorsque le travail de la journée est achevé. Pour cela, il pourra s’avérer nécessaire que la personne désignée fasse du temps supplémentaire jusqu’à ce que cet appel arrive ou qu’elle vérifie les messages laissés sur le répondeur du bureau après la fermeture de celui-ci et qu’elle fasse un suivi si aucun appel n’est reçu. L’employeur pourrait aussi prendre des dispositions avec un service de téléassistance à cet égard.

Si la chercheuse ou le chercheur préfère appeler un membre de sa famille ou un ami pour confirmer la fin de sa journée de travail, il ou elle doit en discuter et convenir avec l’employeur, si celui-ci veut bien accepter ce type d’arrangement, vu que c’est lui qui est ultimement responsable de la sécurité de ses employés.

La conduite d’un entretien

Malgré toutes ces précautions, des risques pourront se présenter lors de certains entretiens. Certaines questions, telles que la race, la culture ou encore le sexe ou l’identité de genre, peuvent en effet susciter de l’hostilité.

Pour éviter que les chercheuses et chercheurs ne manifestent de comportement inapproprié ou provocateur, il convient de :

  • Les renseigner sur les normes culturelles;
  • Les sensibiliser à la dynamique de genre dans les interactions;
  • Leur rappeler les règles du langage corporel et les formes de contact physique considérées acceptables ou non;
  • Leur rappeler la nécessité de respecter une distance sociale appropriée – autrement dit, de trouver un juste milieu entre une familiarité et une froideur excessives.

Les stratégies pour gérer les situations à risque

Les employeurs devraient s’assurer que leur personnel de recherche a suivi une formation sur les manières de réagir à divers types de menaces, de violence ou de situations compromettantes. Les directrices et directeurs de recherche devraient pour leur part songer à mettre à jour leurs connaissances en la matière.

Avoir un téléphone cellulaire ou des dispositifs d’alarme sur soi peut-être utile, mais seulement à condition qu’ils soient intégrés à des mesures de sécurité plus exhaustives. Il faut éviter de trop s’en remettre sur un téléphone cellulaire ou autre dispositif au détriment d’une solide formation aux relations interpersonnelles.

Les chercheuses et chercheurs devraient toujours avoir assez d’argent en espèces sur soi pour leurs dépenses prévisibles et autres, y compris pour prendre un taxi. Les chercheuses et chercheurs sont encouragés de n’avoir pas l’aire de porter une grosse somme d’argent avec eux, et d’apporter une téléphone avec eux.

Les chiens de compagnie peuvent mettre les chercheuses ou chercheurs mal à l’aise. Il n’y a pas de honte à cela, et dans pareil cas, la chercheuse ou le chercheur peut demander poliment à l’interviewé de bien vouloir mettre le chien dans une autre pièce en attendant qu’il ou elle reparte.

Les chercheuses et chercheurs devraient aussi se préparer à l’effet qu’un entretien pourra avoir sur les interviewés, et notamment apprendre à reconnaître les signes d’irritation ou de colère montante. Souvent, la formation d’une chercheuse ou d’un chercheur lui permettra de reconnaître de fortes émotions de ce type, de les évoquer et de les contenir, mais dans certaines circonstances, la meilleure chose à faire sera de mettre fin à l’entretien et de quitter les lieux. Couper court à l’entretien pour une telle raison devra se faire de manière décisive et rapide, en offrant un motif valable. Il sera toujours possible de reprendre l’entretien une autre fois, si cela semble approprié après en avoir discuté avec la directrice ou le directeur de recherche.

Le débreffage et le soutien après l’événement

Une fois le travail sur le terrain terminé, les chercheuses et chercheurs et leur superviseure ou superviseur ont intérêt à réfléchir à la façon dont les lignes directrices ont été respectées et de discuter de toute difficulté rencontrée à cet égard. Les examens de ce type à la fin d’une recherche, qui devraient inclure une évaluation de la sécurité du travail sur le terrain, sont chose courante au sein de certains instituts. Il y aurait lieu d’encourager les chercheuses et chercheurs à inclure la sécurité du travail sur le terrain dans les rapports par lesquels ils présentent les résultats de leur recherche à leurs bailleurs de fonds.

Si des incidents se sont produits, il faut les consigner. Les incidents graves devraient être signalés aux agentes et agents de sécurité ou aux associations professionnelles concernées. Tout incident violent susceptible d’avoir une incidence sur le bien-être d’une chercheuse ou d’un chercheur devrait être signalé à l’agente ou à l’agent de la santé et de la sécurité au travail de l’employeur et au service de police local.

En cas d’incident durant le travail sur le terrain, il s’agit d’y donner immédiatement la suite appropriée, pour le bien-être de la chercheuse ou du chercheur touché. Le traumatisme d’une menace ou d’un acte de violence en particulier pourra nécessiter un soutien structuré sous forme de counseling, l’adhésion à un organisme de soutien aux victimes ou encore la prise d’un congé (en l’occurrence, de maladie). Si le travail sur le terrain est inachevé, il pourra s’avérer nécessaire de fournir un soutien spécialisé à la chercheuse ou au chercheur pour lui permettre de reprendre son travail et de le terminer.

Un débreffage approprié – qui devra aussi respecter la confidentialité des interviewés – pourra aussi aider une chercheuse ou un chercheur à accepter un incident et à le remiser sainement dans sa mémoire, de manière à pouvoir poursuivre ses activités de recherche, et il pourrait aider à dégager de nouvelles connaissances dont il pourra être tenu compte lors de l’élaboration de codes de sécurité.

L’insistance sur le respect des lignes directrices

La meilleure façon de s’assurer du respect des lignes directrices est de ne jamais cesser d’y sensibiliser le personnel, nouveau ou chevronné.

  • Les questions de sécurité devraient faire partie de la formation de toutes les nouvelles recrues parmi le personnel de recherche, et les lignes directrices en matière de sécurité devraient être ajoutées aux trousses d’accueil et au manuel des employés.
  • Il faut continuellement rappeler les lignes directrices aux chercheuses et chercheurs, tout au long de leur carrière, et insister sur l’obligation de les respecter.
  • Les directrices et directeurs de recherche ou les superviseurs doivent rappeler les procédures applicables au début de chaque nouvelle période de travail sur le terrain.
  • Le personnel de soutien chargé d’organiser le travail sur le terrain et de prendre les dispositions nécessaires pour qu’il puisse avoir lieu devrait être formé à l’application de ces procédures.

Autre chose à envisager serait peut-être aussi d’avoir recours à des agentes ou agents de sécurité, ou encore de demander à des conseillers d’organismes externes de venir faire des présentations périodiquement pour apporter de nouveaux points de vue et garder la sécurité présente dans tous les esprits.

Chose certaine, il est toujours important de rappeler au personnel de recherche que toute entrave aux politiques et procédures de l’employeur relatives à la santé et à la sécurité au travail les exposerait à des accusations de négligence en cas d’incident.

Les auteurs sont reconnaissants à l’ensemble des personnes et organismes qui leur ont communiqué des idées ou fait des observations, ou qui les ont simplement encouragés à rédiger ce code.

Autres textes sur le sujet (en anglais seulement)

  • Arksey, H. et P. Knight (1999). Interviewing for social scientists (en particulier le chapitre 9). Sage, London.
  • Association of University Teachers (1996). Personal guidelines for staff conducting interviews off campus, circulaire LA/5674, février, AUT, Londres, miméo.
  • Paterson, B.L., D. Gregory et S. Thorne (1999). A protocol for researcher safety. Qualitative Health Research, vol. 9, no 2, mars, p. 259-269.
  • Rai, D.K. (1995). In the margins: current practices in qualitative social research with Asian communities. Social Research Paper No. 2, University of Lincolnshire and Humberside, Hull.
  • Sandell, A. (1998). Oxford Handbook of patients' welfare: a doctor's guide to benefits and services. Oxford University Press, Oxford.
  • Social Research Association (date inconnue). Ethical guidelines, Social Research Association, Londres, miméo.
  • Suzy Lamplugh Trust (date inconnue). Personal safety at work: guidance for all employees. Suzy Lamplugh Trust. Londres, miméo.

Annexe G : Modèle de programme d’une séance de formation

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Formation à l’exécution d’une enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement

[Date et lieu]

  1. Présentations.
  2. Résumé, objet et dates de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée.
  3. Noms et coordonnées des responsables de l’enquête.
  4. Définition d’itinérance/personne sans logement.
  5. Dates de début et de fin de l’enquête, cartes, feuilles de contrôle et responsabilités vis-à-vis des enveloppes.
  6. Politique et formulaire de confidentialité.
  7. Document de formation : éthique, consentement des répondants, sensibilité et sécurité culturelles, prise de notes sur le terrain.
  8. Lignes directrices/instructions pour l’exécution de l’enquête.
  9. Trousse d’enquête : script, formulaire de consentement, rôles et liste de tâches, questionnaire, reçu pour la rétribution ou le cadeau aux répondants, marche à suivre concernant les petites et grandes enveloppes.
  10. Manière d’atteindre des répondants au sein de groupes précis.
  11. Protocole de sécurité pour les enquêteuses et enquêteurs.
  12. Débreffage des enquêteuses et enquêteurs.
  13. Fournitures.
  14. Jeu de rôles et répétitions par groupes de deux
  15. Modèle de compte rendu d’activité (employés et bénévoles) et présentation au quartier général de l’enquête
  16. Renseignements sur les feuilles de temps et les comptes rendus d’activité
  17. Possibilités additionnelles de contribuer à la saisie des données, à leur traitement, à leur épuration et à leur présentation.
  18. En cas d’embauche de personnel rémunéré :

  19. Paie – formulaire de dépôt direct.
  20. Impôts et prélèvements fédéraux.
  21. Impôts et prélèvements provinciaux.
  22. Autres.

Merci de nous aider avec cette enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement dans la collectivité.

[Nom, directrice/directeur de projet, coordonnées]

[Nom, coordonnatrice/coordonnateur de projet, coordonnées]

[Nom, adjointe/adjoint à la coordination de projet, coordonnées]


Annexe H : Guide à l’intention des fournisseurs de services

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ITINÉRANCE À [NOM DE LA COLLECTIVITÉ] :

PRÉVALENCE AU COURS D’UNE PÉRIODE DONNÉE

[DATE]

Guide pour réaliser l’enquête
sur la prévalence au cours d’une période donnée

Quelle est cette enquête? Cette enquête vise à recueillir de l’information auprès de personnes en situation d’itinérance à l’aide d’un questionnaire.

Quand aura-t-elle lieu? L’enquête se déroulera du [date] au [date].

À quoi servira-t-elle? Elle servira à déterminer combien de personnes étaient en situation d’itinérance sur une période de [7 jours ou autre].

Qui la mènera? Elle sera menée par le personnel de l’organisme, des personnes spécialement recrutées à cette fin ou encore des bénévoles (voir nos coordonnées plus bas).

Contexte

En janvier 2015, le gouvernement de l’Ontario a mis sur pied le Comité consultatif d’experts pour la prévention de l’itinérance, qu’il a chargé de lui faire des recommandations sur la manière de réaliser l’un des objectifs qu’il s’est fixés pour sa Stratégie de réduction de la pauvreté, à savoir celui de mettre fin à l’itinérance. Parmi les recommandations de ce comité figurait celle que la province rende obligatoire le recensement local des personnes sans logement. En décembre 2016, la province a adoptée une loi qui exige que tous les gestionnaires de services procèdent au recensement des personnes sans logement dans leurs collectivités. Les données de ce recensement aideront la province à mieux comprendre l’échelle et la nature de l’itinérance en Ontario, de manière à pouvoir décider des meilleurs moyens de la prévenir, de la réduire et de l’éliminer.

Définition de l’itinérance

Aux fins de l’enquête visant à établir sa prévalence sur une période donnée, la notion d’itinérance englobe trois grandes catégories, à savoir : 1) les personnes sans abri (en situation d’itinérance absolue, n’utilisant pas les refuges), 2) les personnes utilisant les refuges d’urgence, 3) les personnes logées provisoirement (celles qui vont d’un lit de fortune chez de la parenté ou des amis à un autre dans des circonstances instables pour éviter de se retrouver à la rue, les victimes de violence familiale et leurs enfants qui vivent dans la peur, celles qui passent la nuit dans des immeubles abandonnés et des espaces surpeuplés (dormant souvent par quarts) et celles qui vivent dans un logement temporaire à la suite d’une évacuation), et pourrait être destiné à inclure les personnes à risque d’itinérance pour différentes raisons (p. ex., difficultés financières, emploi précaire, obstacles les empêchant de tirer profit d’occasions qui se présentent et manque de logements abordables). Il importe de reconnaître la nécessité de faire des efforts additionnels pour recenser aussi les personnes qui vivent avec un risque d’itinérance ou dans une situation d’itinérance cachée.

En effet, les conditions de vie de certaines personnes constituent ce que nous appellerons une itinérance cachée. Toute définition de l’itinérance, particulièrement cruciale pour les petites collectivités, les collectivités rurales et les collectivités du Nord, devrait inclure l’itinérance cachée, car nous savons désormais qu’une vaste proportion des personnes sans logement sont « invisibles » aux yeux des fournisseurs de services et du grand public. L’itinérance cachée peut prendre des formes variées, notamment 1) un hébergement chez de la famille ou des amis; 2) un hébergement obtenu en contrepartie d’un service domestique, de faveurs sexuelles ou autres; 3) un logement insalubre; 4) un logement temporaire; 5) un logement occupé de façon illégale; 6) un placement en établissement sans logement à la sortie de celui-ci et 7) un hébergement en plein air, que ce soit dans une forêt, un camp ou ailleurs.

Personnes sans abri de façon chronique et épisodique. Selon la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI), « on désigne par personnes sans abri de façon chronique les personnes qui, souvent atteintes d'affections incapacitantes (p. ex. des maladies physiques ou mentales chroniques, des problèmes de toxicomanie), sont actuellement sans abri et l'ont été pendant six mois ou plus au cours de la dernière année (c.-à-d. qui ont passé plus de 180 nuits dans un refuge ou dans un endroit impropre à l'habitation). »

La SPLI définit aussi ce que l’on entend par personnes sans abri de façon épisodique, et ce, comme suit : « On désigne par personnes sans abri de façon épisodique les personnes qui, souvent atteintes d'affections incapacitantes, sont actuellement sans abri et ont vécu au moins trois épisodes d'itinérance au cours de la dernière année (il convient de noter que les épisodes sont des périodes pendant lesquelles une personne vit dans un refuge ou un endroit impropre à l'habitation pendant un certain temps, puis retourne dans le refuge ou un autre endroit après au moins 30 jours). »

INSTRUCTIONS :

Pour garantir le succès de ce enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement, il est essentiel que la collecte des données se fasse de façon parfaitement uniforme. La marche à suivre est expliquée ci-après. Merci de bien vouloir en prendre connaissance attentivement.

  1. Veuillez lire les définitions ci-dessus. Pour les besoins de notre enquête, nous utiliserons une définition large de l’itinérance allant des personnes qui sont absolument sans abri, autrement dit n’utilisant pas les refuges, jusqu’aux personnes qui sont logées mais qui risquent de se retrouver à la rue. Une définition aussi vaste englobe les personnes en situation d’itinérance absolue ou cachée et celles qui sont à risque d’itinérance.
  2. Veuillez inviter les personnes en situation d’itinérance qui utilisent les services de votre organisme à participer à notre enquête en remplissant son questionnaire pendant les sept jours que celle-ci dure. Nous comptons sur vous pour bien vouloir demander à chaque personne qui se trouve, ou qui risque de se trouver, sans logement si elle voudrait bien remplir le questionnaire. Certaines personnes auront peut-être besoin d’aide pour le faire.
  3. Quiconque se trouve, ou risque de se trouver, sans logement est libre de remplir le questionnaire de façon indépendante. Toutefois, les personnes qui ont de la difficulté à lire ou à écrire à cause d’un manque d’instruction, d’une vision défaillante ou pour toute autre raison pourront avoir besoin d’aide pour le remplir. Aussi bien les chercheuses et chercheurs ou autres employés que les bénévoles recrutés pour les besoins de l’enquête peuvent leur apporter cette aide.

ÉTAPES

  • (I) La répondante ou le répondant prend connaissance du formulaire de consentement et le signe pour confirmer qu’elle ou il l’a bien compris et consent à participer à l’enquête. (II) La répondante ou le répondant remplit le questionnaire. (III) Placez le questionnaire une fois rempli et le formulaire de consentement dûment signé dans la grande enveloppe. (IV) Sortez la petite enveloppe de la grande et retirez-en le reçu auquel sont joints une rétribution (par ex. 5 $). (V) Demandez à la répondante ou au répondant de signer le reçu, puis remettez-lui le rétribution. (VI) Ajoutez le reçu signé au questionnaire rempli et au formulaire de consentement dûment signé dans la grande enveloppe. (VII) Cachetez la grande enveloppe. Prenez soin de ranger les enveloppes dans un endroit sécuritaire, s’il vous plaît.
  • Veuillez vous assurer que pour chaque personne qui utilise les services de votre organisme durant la semaine de l’enquête vous avez un questionnaire correctement rempli. Sur chaque questionnaire doivent figurer les initiales, la date de naissance et le sexe de la répondante ou du répondant, afin de nous permettre de vérifier par la suite que nous n’avons deux questionnaires remplis ou plus pour la même personne. Les questionnaires qui ne comporteraient pas tous ces renseignements (initiales, date de naissance et sexe) seront rejetés et les données qu’ils contiennent par ailleurs seront donc perdues pour l’enquête. Soyez sans crainte, tous les renseignements inscrits sur les questionnaires seront traités de manière strictement confidentielle : une fois que les grandes enveloppes auront été cachetées, leur contenu sera vu uniquement par les chercheuses et chercheurs de l’enquête sur la prévalence au cours d’une période donnée des personnes sans logement.
  • Veuillez noter que le questionnaire cherche à savoir si une répondante ou un répondant à une ou plusieurs personnes à charge âgées de moins de 18 ans. Il peut s’agir de quelqu’un dont la répondante ou le répondant a la garde ou de quelqu’un qui l’accompagne. Notez les renseignements relatifs à chaque personne à charge sur une ligne distincte du questionnaire.
  • Veuillez par ailleurs noter que nous aimerions recueillir des renseignements complets pour chaque répondante ou répondant, mais il est entendu que la participation à l’enquête est entièrement volontaire. Une répondante ou un répondant peut très bien marquer « S.O. » en réponse à toute question qui ne s’applique pas à sa situation ou à laquelle il ou elle préfère ne pas répondre
  • Une chercheuse ou un chercheur de notre équipe passera prendre les questionnaires après avoir communiqué avec vous pour convenir d’une heure et d’un lieu de rencontre et de ramassage.

Si vous avez de quelconques questions ou préoccupations n’hésitez pas à communiquer avec les responsables de l’enquête :

Coordonnées :

[ ]

Merci, thank you, miigwetch de votre aide avec cette importante initiative!


[1] Lien vers le rapport À chacun son chez-soi :

[2] (en anglais seulement) https://www.ctspedia.org/do/view/CTSpedia/StudyPrevalencePoint https://www.ctspedia.org/do/view/CTSpedia/StudyPrevalencePeriod

[3] Cette initiative bénéficie de l’appui de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, dont le site Web est accessible en suivant ce lien : http://fr.20khomes.ca/.

[4] Le site Web de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance est accessible en suivant ce lien : https://www.canada.ca/fr/emploi-developpement-social/programmes/communautes/sans-abri.html.

[5] Le site Web de Reconciliation Canada (en anglais seulement) est accessible en suivant ce lien : http://reconciliationcanada.ca

[6] Faries, E. (2015). Voice of the People on the Re-Location Issue. Première Nation Kashechewan, Ontario, Canada. OIDA International Journal of Sustainable Development, vol. 8, no 4, pp. 99-110. Accessible (en anglais seulement) sur le site SSRN : https://ssrn.com/abstract=2612102 .

[7] Kovach, M. (2009). Indigenous Methodologies: Characteristics, Conversations and Contexts. Toronto: University of Toronto Press.

[8] Ibid, p. 85.

[9] Les principes PCAP sont expliqués plus en détail ici : http://fnigc.ca/fr/pcap.html .

[10] Le site Web du Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations est accessible en suivant ce lien : http://fnigc.ca/fr/pcap.html.

[11] À titre d’exemple, le chapitre de l’Énoncé de politique des trois Conseils : Éthique de la recherche avec des êtres humains (EPTC2, 2010) consacré à la recherche visant les Autochtones du Canada, autrement dit, les membres des Premières Nations, les Inuits ou les Métis (chapitre 9) fournit des lignes directrices quant aux circonstances qui déclenchent l’obligation d’obtenir la participation de la communauté aux projets de recherche visant des Autochtones, à savoir : (i) le projet de recherche est mené sur des terres des Premières nations, des Inuits ou des Métis; (ii) l’identité autochtone est un facteur retenu parmi les critères de recrutement pour (…) un sous-ensemble des participants de celle-ci; (iii) le projet nécessite la contribution des participants en ce qui concerne le patrimoine culturel, les artefacts, les connaissances traditionnelles ou les caractéristiques particulières de leur communauté; (iv) l’identité autochtone (…) sera utilisée comme variable (…), et enfin (v) l’interprétation des résultats du projet de recherche fera référence aux (…) Autochtones.

[12] EPTC2. (2010). La recherche visant les Premières Nations, les Inuits ou les Métis du Canada. http://www.ger.ethique.gc.ca/fra/policy-politique/initiatives/tcps2-eptc2/chapter9-chapitre9/

[13] La trousse d’outils pour le dénombrement des jeunes est accessible (en anglais seulement, sous le titre Youth Count Toolkit) en suivant ce lien : http://homelesshub.ca/youthcounttoolkit

[14] McMillan, T., C. Cubbin, B. Parmenter, A. Medina et R. Lee, (2010). Neighbourhood sampling: how many streets must an auditor walk? International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, vol. 7, no 20. http://www.ijbnpa.org/content/7/1/20

[15] Calgary Homeless Foundation (2014). Point-in-Time Count Report. http://calgaryhomeless.com/wp-content/uploads/2014/06/Winter-2014-PIT-Count-Report.pdf

[16] La trousse d’outils pour le dénombrement des personnes sans logement créée par l’organisme Calgary Homeless Foundation est accessible (en anglais seulement) en suivant ce lien : http://www.homelesshub.ca/resource/re-housing-triage-and-assessment-survey-toolkit

[17] www.the-sra.org.uk/wp-content/uploads/safety_code_of_practice.pdf

[18] Liamputtong, P. (2007). Researching the Vulnerable. Thousand Oaks, CA: SAGE Publications.

[19] Voir http://www.children.gov.on.ca/htdocs/French/childrensaid/reportingabuse/abuseandneglect.aspx

[20] McMillan, T., C. Cubbin, B. Parmenter, A. Medina et R. Lee, (2010). Neighbourhood sampling: how many streets must an auditor walk? International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity, vol. 7, no 20. http://www.ijbnpa.org/content/7/1/20

[21] http://www.ger.ethique.gc.ca/fra/policy-politique/initiatives/tcps2-eptc2/chapter9-chapitre9/

[22] Lien vers la page consacrée aux activités après un dénombrement sur le site de l’Observatoire canadien de l’itinérance : http://rondpointdelitinerance.ca/toolkit/chapter/après-le-dénombrement .

[23] Liens vers les principes PCAP : http://fnigc.ca/fr/pcap.html .